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GERER, C'EST PREVOIR
- 24
mars 2008 -
Les fonctionnaires ont du souci à se
faire. Déjà nous proposons tous, à part
eux-mêmes, d’en réduire le nombre sous
prétexte d’inefficacité. En réalité,
cela n’est rien en regard de l’impossibilité programmée
de les payer dans laquelle va se retrouver le pays dans quelques
années.
Les autres postes de dépenses de l’état
qui, eux, concernent tous les citoyens, ne seront pas mieux
lotis. On a déjà beaucoup parlé des
gaspillages ; leur diminution, voire leur éradication
complète n’est pas seulement rendue nécessaire
par le niveau dramatique de la dette nationale et la redistribution
des allocations, elle est indispensable au vu de la baisse
inéluctable des recettes.
D’un côté, l’Etat et notre système
de protection sociale vivent, pour l’essentiel, grâce
aux recettes fiscales et aux contributions patronales et
salariales diverses. De l’autre, une partie de nos
concitoyens s’ingénie à contourner ou à détourner
les règles de leur participation à ce financement
par ce qu’il est convenu d’appeler "le noir" qu’il
s’agisse d’argent ou de travail.
Le "noir" affecte de nombreux
postes des recettes de la collectivité :
1. L’impôt sur le revenu des personnes physiques
; 18,9 % des recettes fiscales en 2006,
2. L’impôt sur les sociétés : 17,4
% des recettes fiscales en 2006,
3. La TVA : 45,1 % des recettes fiscales en 2006,
4. Les contributions sociales : 100 % de ce poste par construction
même du système.
Ce "noir" ne peut pas, ou seulement dans une très
faible mesure, avoir son origine dans les activités
industrielles. Celles-ci sont soumises tant à des
contrôles internes demandés par les actionnaires
qu’aux contrôles systématiques des administrations.
Toute fraude en ce domaine est, de ce fait, extrêmement
limitée.
Il ne peut pas beaucoup plus être le fait du travailleur
salarié dont les revenus sont nécessairement
déclarés par la société qui l’emploie.
Tant dans le cas de la société industrielle
que dans le cas du travailleur salarié, l’assiette
des cotisations ou de l’impôt est parfaitement
mise en lumière par le système qui est le nôtre.
Et, comme il est mis en lumière, il est souvent et
parfaitement contrôlé par l’administration
; il est plus facile de chercher un objet perdu en pleine
lumière que dans une zone d’ombre.
Le "noir" est donc le plus souvent le fait des
métiers de commerce ou de services, des entreprises
individuelles ou de petite taille des métiers du bâtiment
ou de petites entreprises à vocation locale. En d’autres
termes, il repose sur la proximité physique entre
le fournisseur et son client ; l’échange d’argent,
devenant ainsi argent noir, se fait essentiellement en liquide
et donc sans intermédiaire.
En regard de ce constat factuel, l’évolution
de l’activité économique de notre pays
devrait nous alerter et inquiéter bougrement tous
ceux qui, fonctionnaires ou non, bénéficient
de l’argent de l’état ou de notre système
contributif.
La montée en puissance des pays émergeants
met à mal tant notre industrie que l’emploi
salarié qui est son corollaire. Et l’on rétorque
que la France s’en sortira grâce à ses
idées, qu’il faut développer les services
de proximité et d’une manière plus générale
ce qui n’est pas "délocalisable".
Certes…
Certes, mais on a vu que ce sont justement les activités
mises à mal qui contribuent le plus aux recettes de
l’état. Et les activités que l’on
doit développer sont justement celles où le "noir" est
le plus actif et le plus facile. Les recettes de l’Etat
sont donc structurellement amenées à décroitre
de manière inexorable, du moins en l’état
actuel des contributions fiscales et sociales.
Cette situation étant prévisible, il est urgent
de réformer l’organisation des contrôles.
Il est très grand temps de diminuer considérablement
tous les moyens mis par les administrations (fisc, URSSAF,
etc …) pour contrôler les lieux de lumière
(industries et salariés) et ainsi pouvoir augmenter
dans la même proportion les moyens de contrôle
des zones plus obscures.
Le contrôle y est beaucoup plus difficile et il ne
faudra pas fixer les objectifs des contrôleurs en nombre
de dossier, mais en fonction de la seule difficulté des
dossiers traités.
De même, il est urgent de mettre en place les logiciels
et les moyens informatiques, tant en amont des contrôles
que pendant ceux-ci, pour faciliter la tâche des contrôleurs
et leur donner les outils nécessaires à ce
nouveau challenge.
Il en va de la pérennité des ressources de
l’état et de la survie de notre système
de protection sociale.
Sources : Politique.com, Diego
Max
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