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LA LOI EST-ELLE RESPECTABLE - 25 août 2008 -

  • Partie I

Le Code de la Route, dont l’histoire est faite de décisions multiples et d’avenants encore plus nombreux, est un bon exemple des aberrations auxquelles il est possible de parvenir. Démonstration :

Je roule en voiture à 130 km/h sur une autoroute. La circulation est extrêmement fluide, il n’y a quasiment personne, tout va bien. Je respecte la Loi.

J’approche peu à peu d’une voiture qui roule moins vite que moi. En toute bonne logique, je me prépare à la dépasser et, comme je suis un bon citoyen, je connais par cœur les articles R412-12, R413-2 et R414-4 du Code de la route qui vont gérer mes décisions et gestes.

Le premier paragraphe du R412-12 m’informe que je dois maintenir une distance de sécurité suffisante avec le véhicule qui me précède et que celle-ci correspond à la distance parcourue par ma voiture pendant au moins deux secondes. Dans mon cas, 72 mètres minimum. Je me décale donc sur la file de gauche dès que la voiture qui me précède n’est plus qu’à cette distance.

Le deuxième paragraphe du R414-4, ne m’autorise à dépasser que si "la vitesse relative des deux véhicules permet d’effectuer ce dépassement dan un temps suffisamment bref". Là, ça se complique sérieusement : qu’est-ce qu’un temps suffisamment bref ? 10 secondes ? 30 secondes, 2 minutes ?

Cette notion est d’autant plus importante que je ne dois me rabattre qu’en laissant, avec la voiture que je dépasse, la fameuse distance de sécurité du R412-12 ; soit 69 mètres, en admettant qu’elle roule à 125 km/h.

Néanmoins, le R413-2 ne permet aucune dérogation à la vitesse maximale de 130 km/h. Ce qui conduit à donner deux conclusions possibles à cette situation :

Soit, j’estime qu’un temps bref c’est 10 secondes (si on regarde attentivement sa montre, 10 secondes, c’est beaucoup plus long qu’on ne le pense a priori) et je constate que le Code de la Route ne me donne pas la possibilité dépasser une voiture qui roule à plus 88 km/h. Ce qui conduit ipso facto à limiter, de fait, la vitesse sur autoroute, même en cas de circulation très fluide, non pas à 130 km/h mais à 88 km/h !!!

Soit je dépasse quand même le véhicule qui me précède et je reste une minute et 51 secondes sur la file de gauche. Mais, si la voiture que je dépasse roule à 129 km/h au lieu de 125 km/h, ce temps passe à 8 minutes et 36 secondes… Est-ce toujours suffisamment bref ???

  • Partie II

Un bon exemple : la Loi 2003-9 qui traite de la sécurité des piscines privée. C’est le fruit tant du très bon travail d’un lobby (celui des installateurs des piscines) que de "l’enfer pavé de bonnes intentions" et de l’inconséquence de nos gouvernants qui refusent d’admettre qu’ils se sont trompés.

Cette Loi, publiée en janvier 2003 pour une mise en application au 1er janvier 2004 dans le cas des piscines privées recevant du public (les chambres d’hôtes par exemple) et au 1er janvier 2006 pour les autres, est assortie d’une contravention de 45000 euros.

L’INVS (Institut National de Veille Sanitaire), n’a pas publié de chiffres sur le nombre de piscines équipées de tels dispositifs pour l’année 2004, mais il indique dans son rapport annuel que le parc total était de 928000 piscines pour l’année 2003 et de 1056000 piscines pour l’année 2004.
Compte tenu des délais d’applications inclus dans la Loi, on pourra, sans grand risque d’erreur, imaginer qu’une assez large partie des nouvelles piscines ont été équipées des nouveaux dispositifs ainsi qu’une partie très faibles des installations anciennes. Une évaluation de 120 à 150000 piscines équipées fin 2004 apparaît donc comme une très bonne approximation ; soit environ 12 % du parc.

Le rapport 2004 de l’INVS "Surveillance épidémiologique des noyades" indique dans sa synthèse page 6 que 43 % des noyades en piscine privée se sont déroulées dans des piscines équipées de dispositifs de sécurité. Et pourtant, seules 12 %, environ, en étaient équipées. L’INVS ne s’y trompe pas qui écrit page 19 de son rapport général : "Il semble donc que la surveillance soit relâchée lorsqu’il y a un dispositif de sécurité".

Il n’y a pas eu de rapport piscine INVS en 2005 ; mais le rapport 2006 confirme les faits constatés en 2004 : 15 % du total des décès par noyade en 2006 ont pris place dans les piscines alors que ce pourcentage n’était que de 13 % en 2003.

En outre et pour être complet, sur un total de 651 décès par noyade durant la saison 2006, seuls 21 concernent des enfants de moins de 6 ans noyés en piscine privée (les seuls décès concernés par les dispositifs de sécurité).

Le rapport 2006 conclut une nouvelle fois sur l’impossibilité d’attribuer un rôle positif aux dispositifs de sécurité. Le rapport 2007 n’est toujours pas paru à ce jour…

Cette Loi doit donc être abrogée sans délai, son seul mérite a été de donner plus de travail au lobby des piscinistes, mais au prix de plusieurs vies d’enfants !!!

Sources : Politique.com, Diego Max

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