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L'ETAT, LA LOI, LES REGLES - 24 avril 2008 -

Dans la société "civile" tous les dirigeants affirment que, parmi les facteurs qui contribuent à la réussite de l’entreprise dont ils ont la charge l’un des éléments clés est de respecter la règle de base suivante :

"Dire ce qu’on va faire, faire ce qu’on a dit, dire ce qu’on a fait".

Il s’agit ni plus ni moins d’une simple règle de bonne gouvernance vis-à-vis de ses mandants et du personnel de l’entreprise.

Nos dirigeants politiques ont eux, en matière de règles, des notions très floues du mot "respect". S’il ne fait aucun doute que nous sommes largement alimentés en informations sur "ce qu’on va faire" les deux autres points de la règle sont inexistants au niveau de l’état.

Exemple :
Au-delà des promesses électorales dont seuls les parfaits innocents pensent qu’elles ont un sens quelconque et que nous ne prendrons donc pas comme exemple (trop facile), il est intéressant de considérer le "budget de l’état" publié chaque année par les gouvernements successifs.
Ce document de 10 pages, dans sa formule de vulgarisation diffusée sur le site internet du ministère des finances, est remarquable.

On y découvre de manière simple et compréhensible l’annonce du "ce qu’on va faire", c’est bien ; c’est même très bien. Mais plusieurs commentaires s’imposent immédiatement :

1. Même en cherchant bien, il est impossible de trouver sur le site du "Minefi" la moindre trace de synoptique indiquant si oui ou non on "fait ce qu’on a dit". Dans l’entreprise, le tableau de bord est pourtant la référence journalière,
2. Il est tout aussi illusoire de chercher le "ce qu’on a fait". Aucun rapport en ce sens n’est disponible que ce soit pendant ou après l’exercice du budget. Ni le conseil d’administration (le parlement), ni l’assemble générale des actionnaires (les 60 millions de français) ne peuvent avoir accès à un document simple de comparaison entre le prévu et le réalisé,
3. Bien plus, les versions anciennes du budget simplifié ne sont rapidement plus disponibles, toute analyse de progression est donc impossible pour celui qui aurait la volonté de s’atteler à cette tâche.

A la lumière de ce constat, il devient naturel et logique de se poser la question suivante : y a-t-il quelqu’un au sein du gouvernement qui dispose de l’information ? Comment imaginer la survie d’une entreprise, fusse-t-elle l’entreprise FRANCE, qui ne respecte pas une règle de gouvernance aussi simple, élémentaire et déterminante ?

Si l’Etat ne s’applique pas les règles de l’entreprise, il ne s’impose pas plus les Lois qu’il entend faire respecter aux personnes qu’elles soient physiques ou morales.

L’Etat-employeur est un bon exemple. Le ministère de l’Education nationale emploie environ 1,2 millions de personnes : 2% de la population française enfants et retraités compris soit environ 5 % de la population "active". Personne ne pourra prétendre qu’il s’agit d’une minorité, c’est même, et de loin, la plus grosse "entreprise" française et peut-être mondiale.

C’est pourtant une entreprise qui ne respecte pas la réglementation française du travail : alors que tout salarié doit passer une visite médicale annuelle pour vérifier son aptitude au travail qui lui est confié, aucun enseignant n’est soumis à cette règle. Nous confions nos enfants à des enseignants qui ont peut-être des maladies contagieuses ou des troubles psychologiques, l’état employeur ne le vérifie pas et ne semble même pas s’en soucier.

L’exemple récent de la condamnation de Madame Royal pour non-respect du code du travail n’est que la partie émergée d’un iceberg beaucoup plus important qu’il n’y paraît de prime abord. Les collectivités locales ne sont pas plus que l’état respectueuses de la Loi et du code du travail.

Combien d’employés communaux (assistantes d’écoles maternelles, personnel de nettoyage…) travaillent en dehors du code du travail que l’Etat impose à nos entreprises ? Que ce soit pour les heures supplémentaires, les heures de récupérations ou les vacances…

A un tout autre propos, Martin Luther King avait dit un jour "I had a dream". J’ai moi aussi rêvé d’un Etat qui serait géré avec la rigueur d’une grande entreprise et qui s’imposerait à lui-même les Lois qu’il impose à ses citoyens…

Mais heureusement, "Les rêves ne disparaissent jamais, on vit à côté d’eux, mais ils restent là" (Le temps des cerises, Niels Arestrup).

Diego Max.

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Sources : Politique.com, Diego Max

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