|
LES ETATS-UNIS, NOUVELLE PUISSANCE
SOCIALISTE ? - 22 septembre 2008 -
Cette immense nation fut fondée comme
une fédération de treize États indépendants
; d’où son nom, et son unité délibérée.
Les débats firent rages dans ses premières
années pour savoir si la fédération
dominait les États où l’inverse. Signataire
de la Constitution, Alexander Hamilton (que vous trouvez
sur les billets de 10 dollars) fut tué en duel le
11 juillet 1804 par le Vice Président Aaron Burr principalement
pour une divergence sur ce problème. On croirait voir
une anticipation de notre Europe qui cherche sa destinée
entre indépendance de ses nations et fédération
puissante et reconnue, mais independantophage…
Outre Atlantique, les citoyens, et encore plus les Républicains,
se méfient de l’État fédéral
confiscateur dont les tentations d’accaparement sont
redoutées. L’État local (l’un des
cinquante) a traditionnellement été le site
de la confiance et de la démocratie fiable. Et voici
que nous en voyons l’agonie subtile et déguisée.
En temps normal, chaque État se débrouillait
seul, et ne confiait au gouvernement fédéral
que des pouvoirs limités : police et sécurité totales
(FBI et CIA), contrôle des armées, décisions
de se lancer dans une guerre. Pas de ministère de
l’économie et des finances pour tenter de manœuvrer
l’économie chez nos amis Etazuniens.
Or, nous venons de le voir : un ouragan frappe la Louisiane,
et les victimes commencent par s’indigner de ce que
le gouvernement fédéral n’a rien fait
pour le prévenir, puis s’ingénient à réclamer
son aide pour la compensation des désastres. Des institutions
financières ruinent investisseurs et épargnants,
et le gouvernement fédéral s’empresse
de juguler le désastre en y injectant l’argent
qu’il faudra bien trouver dans la poche du contribuable,
puisque l’impression du billet vert ne trouve plus
les mêmes accueils dans les réserves étrangères,
tant sa faiblesse est maintenant dissuasive. Toutes les évolutions
vers une nation socialiste à l’Européenne
viennent d’apparaître.
Cela coïncide avec la fin, mal perçue et mal
analysée, de la grande période impérialiste
des États-Unis. Cette nation n’aura gagné clairement
aucune des guerres majeures dans lesquelles elle a directement
engagé ses forces depuis 1945 : issues incertaines
et sans paix achevée (Corée), ou véritables
désastres (Vietnam), ou opérations militaires
réussies mais lendemains devenus échecs (Irak,
Afghanistan).
Douze porte-avions à propulsion nucléaire
armés par des militaires peu désireux de donner
leur vie pour la cause de leur nation ne compensent pas la
détermination d’une poignée de fanatiques
fiers de se sacrifier. Comment maintenant imposer sa volonté armée
ailleurs ? L’empire avec sa tradition de puissance
imposée arriverait-il au terme de sa logique ? Le
siècle aurait-il tourné ?
Voici donc le pays allié et ami confronté à ses
plus grandes mutations depuis le tragique début de
sa guerre de sécession en 1861: mutation intérieure
vers une plus grande socialisation avec meilleure mutualisation
des risques et des sécurités, et perte de la
position internationale par perte de ses assises traditionnelles.
Se pose alors la question clé : quel est le meilleur
candidat Président pour conduire au mieux ces mutations,
en optimisant les conséquences pour les cinquante États,
et pour le reste du monde ? Le Républicain arc-bouté sur
les valeurs traditionnelles proclamant que leurs fondements
triompheront de tous les obstacles, comme par le passé ?
Ou l’orateur flamboyant qui veut changer un maximum
de choses, et accélérer la solidarité nationale,
que personne ne peut appeler "socialisation" ?
JP, l’avocat du diable.
Sources : Politique.com, JP
"L'avocat du Diable"
Page
précédente.../ Haut de
page...
|