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LA TIARE ET LA CAPOTE - 30 mars 2009 -
Sa Sainteté Benoît XVI vient de prendre sur le préservatif et le Sida en Afrique des positions qui surprennent ses fidèles. Dans nombre de cas elle les choque.
La presse s’en empare et amplifie le problème. Certains réclament la destitution du Pape, qui en outre a eu la mauvaise idée de soutenir un prélat négationniste.
C’est oublier que le Pape décide ce qu’il veut. Il n’est pas le Chef d’une entreprise ordinaire. Avec bientôt deux mille ans, son Eglise serait la plus ancienne entreprise humaine. Histoire est pavée d’erreurs, d’hésitations, de doctrines impopulaires. La péripétie actuelle n’en est qu’une de plus.
Surtout, de son point de vue, son Eglise a une garantie d’éternité, à la différence de toutes les entreprises humaines. Comment un chef inamovible, en charge d’une affaire qui ne peut pas disparaître, pourrait-il se soucier d’une popularité dont il n’a rien à faire ? Les clameurs indignées ne peuvent pas l’atteindre.
Proscrire le préservatif, pourquoi pas ? Mais proclamer qu’il ne protège pas des contagions à transmissions sexuelle serait de l’obscurantisme.

Et il y a pire. Nombre de nations en Afrique sub-saharienne sont les victimes d’une natalité leur enlevant toute viabilité économique. Elles sont ainsi condamnées à la misère et au sous-développement, et au mieux à un assistanat intoxiquant. Les colonisateurs leur ont apporté hygiène et santé avec des visées humanitaires, mais aussi en espérant voir se développer une main d’œuvre locale dont la rareté aurait augmenté le coût, et diminué les marchés.
Le résultat est affligeant mais démonstratif, dans des régions où la fécondité n’est pas avare et où les femmes procréent comme à l’époque où mouraient trois enfants sur quatre. L’Eglise catholique est hostile au contrôle des naissances, quelle qu’en soit la forme. Ce serait pourtant charité chrétienne que de reconnaître que l’abstinence volontaire n’a pas réussi à enrayer l’explosion démographique, qui attend d’autres moyens.
Pourquoi alors ne pas recommander, ou au moins admettre que le préservatif mettrait ces populations à l’abri des deux maux qui les affligent le plus, le sous-développement et la maladie ?
Car personne ne peut quand même imaginer que l’extension du Sida, et les décès qu’il occasionne, soient un remède naturel et prescrit par le Créateur pour réguler les effectifs des populations.
JP, l’avocat du diable, Jissey (illustration).
Sources : Politique.com, JP
"L'avocat du Diable", Jissey
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