|
HISTOIRE DE FRANCE, ERREUR DE MUSEE - 16 février 2009 -
Nos Présidents aiment bien entrer dans l’immortalité historique en nous laissant un musée. Démonstration de leur intérêt pour la culture, celui de Pompidou porte encore son nom, celui de Mitterrand a pris la forme d’une pyramide, celui de Chirac est consacré aux Arts dits premiers.
L’actuel locataire de l’Élysée croit avoir trouvé le sien et va le consacrer à l’histoire de notre pays. Nous y verrons une nouvelle fois le vase de Soissons, le cor utilisé par Roland à Roncevaux, le marteau de Charles à Poitiers, la robe dans laquelle la Pucelle fut brûlée à Rouen, le couperet qui a décapité l’Autrichienne, et d’innombrables souvenirs de nos glorieuses batailles. Tout cela est disponible ailleurs, dans des musées déjà existants.
Les immigrés ont leur musée de l’immigration à la Porte Dorée dans le 12ème arrondissement. Mais les Français dans leur ensemble n’ont pas de musée pour leur histoire. Le musée qui attirerait est tout autre que celui envisagé : au lieu de raconter l’histoire de France, il raconterait notre histoire, l’histoire des Français, et surtout celle des Français récents et actuels. L’histoire que les vivants ont faite, où qu’ils ont entendu raconter directement par les témoins et acteurs tout juste disparus.

Les parents emmèneraient leurs enfants devant des vitrines parlant d’eux, de la 2 CV, du vélo Solex, de Mai 68, de la guerre d’Algérie, de Moulinex, de l’occupation allemande, des premières télévisions, de la guillotine, de Johnny et Sylvie dans les années soixante, de la salle de classe avec les porte plumes et l’encre violette, de tout ce qui fait leur mémoire et dont ils aimeraient parler et retrouver la trace.
Au-delà, inutile de remonter à la guerre Franco-Prussienne de 1870, les vivants n’ont pas connu physiquement ceux qui pouvaient la narrer. Mais ils sont encore nombreux à pouvoir raconter à leurs petits enfants ce que leur propre grand père racontait de celle de 14-18, celle qu’il appelait "la grande guerre".
C’est de notre vie qu’il faut nous parler, pas de celle de gens tellement lointains que nous ne sommes même plus certains de les avoir pour ancêtres. Des expositions temporaires pourraient d’ailleurs ravitailler par roulement un supplément extrait des musées qui traitent déjà de tous ces aspects enseignés à l’école, connus, présentés abondamment dans d’autres établissements prestigieux et bien équipés.
Une Nation n’existe pas que par son histoire, elle existe aussi par son peuple. Ce peuple n’aurait-il pas droit à son musée ? Devrait-il une nouvelle fois admettre qu’il n’existe qu’en se fondant dans l’anonymat de la foule, et n’être représenté que par les grands événements de portée historique ? Le "musée de la Nation Française" n’est pas obligatoirement le "musée de l’histoire de la France".
Juliette Gréco a raison "parlez-moi de moi, il n’y que ça qui m’intéresse".
JP, l’avocat du diable, Jissey (illustration).
Sources : Politique.com, JP
"L'avocat du Diable", Jissey
Page
précédente.../ Haut de
page... |