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ELECTIONS MUNICIPALES, LA PROPAGANDE,
L'ARITHMETIQUE, LA RAISON - 17
mars 2008 -
La démocratie est un système
burlesque : 498 personnes sensées et honnêtement
convaincues doivent s’y incliner devant le vote de
499 aux visions et objectifs égoïstes différents.
Il nous est parlé d’une déferlante rose
sur les mairies de France. Pourquoi pas ? Toute victoire,
même modeste, est bonne à exploiter dès
qu’il est possible de bien la mettre en valeur.
Examinons la réalité sous l’angle de
l’arithmétique. Il eut suffi que 493 électeurs
Marseillais, dans le secteur 3 de la ville, aient préféré Monsieur
Guérini à Monsieur Muselier, et la capitale
phocéenne aurait basculé à gauche, dans
un tintamarre de célébrations hurlant à la
sanction contre le chef de l’Etat et son gouvernement.
Or 493 électeurs, c’est 0,15 % des électeurs
inscrits à Marseille, et moins de 1 % des inscrits
dans ce secteur précisément. Démocratie,
le meilleur des systèmes…
Il ne faut pas beaucoup de monde pour faire basculer beaucoup
de villes : moins de cinq cents personnes pour la deuxième
ville de France. Il en va de même dans les nombreuses
agglomérations tout à coup reprises par la
gauche.
Les raisons ? Désenchantement devant les résultats
d’une politique gouvernementale présentée
sous un jour prometteur trop euphorisant lors de la campagne
présidentielle ? Inquiétude devant l’ampleur
douloureuse des réformes dont le pays a besoin et
dont la préface est déjà indigeste ?
Ou tout simplement crédibilité meilleure de
femmes et d’hommes nouveaux pour conduire les destinées
des cités ?
La vérité pourrait se résumer à cette
troisième hypothèse banale : quand la gauche
a LE leader inspirant et reconnu, et UN programme politique
concret et crédible, plus parfois quelques compromis
jugés acceptables dans des alliances inattendues,
elle gagne les élections. Cité par cité,
nous venons de l’observer.
Au lieu de proclamer une victoire nationale qui n’est
pas la leur, les grands leaders de la gauche pourraient en
tirer un profitable enseignement : au niveau national, où se
trouve LE leader inspirant et reconnu ? Comptez-les, les
aspirants sont nombreux.. Et où se trouve LE programme
concret et crédible ? Écoutez bien, il est
encore en gestation au milieu du tumulte des divergences
de visions.
Il faut l’admettre, c’est quand même plus
simple au niveau d’une ville, même importante,
qu’au niveau d’une grande nation. Les enjeux
n’y sont pas les mêmes, et les désenchantements
n’y sont pas aussi existentiels.
JP, l’avocat du diable.
Sources : Politique.com, JP
"L'avocat du Diable"
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