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PLUS D'ENSEIGNANTS ET MOINS D'ELEVES
- 12
avril 2008 -
L’Éducation nationale ne dissimule
rien de ses effectifs : environ 1 300 000 personnes selon ce
rapport interne qui dit tout.
Les non-enseignants y ont régressé entre 1990
et 2006 de 1 703 personnes, soit moins de 1 % en seize ans.
La tendance est bonne, le résultat modeste. Machines
et ordinateurs améliorent tous les jours la productivité partout
: faudrait-il ici pavoiser sur les efforts d’efficacité de
la population administrative, technique, d’encadrement
et de surveillance ?
Pendant ce temps, les enseignants ont copieusement progressé en
effectifs, 111 000 de plus sur la période considérée.
(92 500 dans l’enseignement public, et 18 500 dans
le privé).
Et la vérité cruelle est que ces enseignants
réussissent à faire augmenter leurs effectifs
quand celui de leurs élèves diminue. Entre
l’année scolaire 95-96 et 2005-2006, les élèves
du premier degré ont diminué de 2 % en nombre,
et leurs enseignants augmenté de 1,5 %. Les élèves
du secondaire ont baissé en nombre de 5 %, et leurs
profs augmenté de 6 %. L’arithmétique
déshumanisée le dit : augmentation du confort
des enseignants de 3,6 % pour le primaire, et de 11,6 % dans
le secondaire.
Voici en ce moment discuté avec grande agitation
un aménagement des effectifs visant 11 000 postes.
Soit bien moins de 1 % de la population totale. Et à peine
plus de 1 % de la population des seuls enseignants ; le tout à comparer à une
amélioration réelle récente du confort
professionnel de 3,5 % pour les uns et de 11,6 % pour les
autres, comme nous venons de le voir. L’effort à entreprendre
est-il vraiment insupportable ?
Tout le monde souhaite exercer son métier dans des
conditions garantissant la performance la meilleure, la plus
attentionnée, la plus compétente. Ainsi, tout
le monde réclame plus d’enseignants : pas pour
améliorer leur confort, mais essentiellement pour
la qualité de l’enseignement dont doivent profiter
les élèves. Tout le monde estime que l’Etat
devrait y consentir. C’est oublier que l’Etat,
ce n’est jamais que les autres Français. Les
grandes rivières n’étant faites que de
petits ruisseaux, c’est dans leurs petites poches que
se trouve le budget assurant le traitement et les conditions
de travail de ces fonctionnaires.
Nous voyons de nombreux jeunes gens manifester
dans la rue sur le thème "ne touche pas à mes
profs",
sans brandir simultanément les pancartes proclamant "il
faut que les contribuables soient plus taxés".
Car ces jeunes avec leurs profs ne font que dire aux autres
Français deux choses 1) donnez nous davantage de votre
argent, et 2) ce gouvernement est incompétent, aveugle
aux vraies priorités, et malfaisant.
Dans un pays où un électeur sur deux préférerait
avoir l’opposition au pouvoir, c’est de bonne
guerre démocratique : un écolier et un lycéen
sur deux a des parents qui voudraient se débarrasser
de l’équipe actuellement en charge. Pourquoi
leurs enfants ne s’appliqueraient-ils pas à faire échouer
l’une de ses idées ? Pourquoi attendre la fin
de son mandat pour la sanctionner si la réforme était
mauvaise ?
Faut-il espérer que l’agitation entretenue
obtiendra l’abandon d’une initiative gouvernementale
qui demande à la première entreprise de la
nation un effort de 1 % au sortir d’une période
où elle a bénéficié d’aménagements
substantiels en sens contraire ? Serions-nous dans la révolution
permanente pour que rien ne change ?
JP, l’avocat du diable.
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Sources : Politique.com, JP
"L'avocat du Diable"
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