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AVEC LA CRISE, LE COURS DES POLITIQUES FLAMBE - 26 octobre 2008 -
Il aura fallu des années aux responsables politiques de 1929 pour imaginer des solutions. Pour certains ce fut le "new deal", pour d’autres une prise de pouvoir conduisant à une guerre mondiale, et pour d’autres encore un Front Populaire ou une guerre civile. Les dirigeants d’alors n’avaient pas compris qu’ils pouvaient et devaient coordonner leurs efforts devant des patrons du business, efficaces quand tout va bien, et nuls quand le climat se détériore par leur faute. Mais dans tous les cas avec une activité par nature transfrontière, universelle, tirant parti des incohérences nationales.
Et il n’aura fallu ce coup-ci que quelques jours, voire une paire de semaines pour des initiatives autrement spectaculaires et substantielles, notre Président arborant la bannière d’un monde nouveau avec l’énergie que nous lui connaissons et l’ambition que nous lui devinons.
George W. Bush n’est devenu Président des Etats-Unis que grâce aux attentats du 11 septembre. Il n’était auparavant qu’un médiocre locataire de la Maison Blanche. La panique, l’angoisse, l’indignation l’ont propulsé.
Cataclysme d’une autre ampleur, avec des sources analogues, la crise récente et actuelle conduit un bouleversement dans la distribution des autorités et des pouvoirs. Comme les Américains traumatisés il y a sept ans, les citoyens réclament que leurs élus les tirent d’affaire aujourd’hui. Cette attente impatiente propose un potentiel de destinée prometteur pour nos hommes politiques ambitieux et opportunistes. Ils ne manquent pas de s’en saisir
Serions-nous au tournant majeur d’une civilisation ? Certains auraient cru durablement que l’actionnaire dans son assemblée générale était plus influent que l’électeur danois, puisque l’entreprise mondiale dont le premier décidait par son vote le destin avait un chiffre d’affaires supérieur au PNB du Danemark, et faisait vivre davantage de familles que ce sympathique état scandinave.
L’actionnaire serait-il soudain détrôné, au profit de l’électeur désargenté, qui n’a rien perdu à la Bourse, mais dont la destinée est largement impactée par ce que d’autres y ont perdu ?
La précipitation des politiques à sauter dans l’arène, et leur activisme, ne sont-ils pas révélateurs de leur avidité à récupérer tardivement un pouvoir laissé trop longtemps aux puissants de l’argent et du business ?
Ainsi cette crise aurait le mérite de remettre l’homme au centre du dispositif ou régnaient finance et propagande boursière ? Il y aurait un rayon de soleil sous les nuages menaçants ? La démocratie reprendrait autorité sur les agioteurs et les spéculateurs ? Ceux-ci ne perdraient-ils pas ici que ce que leur avidité les avait conduit à rechercher, puis à obtenir pour en faire un usage contestable ?
JP, l’avocat du diable, Jissey (illustration)
Sources : Politique.com, JP
"L'avocat du Diable"
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