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PLUS ON AIME, MOINS ON PROTEGE
- 15
février 2008 -
Les hommes politiques aiment être réélus
: personne n’a envie de se trouver au chômage.
Il leur faut donc porter des réformes, des idées,
des transformations dont la popularité assurera les
votes futurs.
Protéger ceux qui pourraient courir des risques est
une méthode éprouvée. Tout le monde
a peur des risques et de leurs conséquences prévisibles.
Mais c’est aussi une politique à courte vue
qui se retourne bien plus tard contre les protégés.
Illustration : les logements en location sont trop chers.
Pourquoi donc ? Parce qu’il n’y en a pas assez
sur le marché. Mais pourquoi donc les gens fortunés
n’en construisent-ils pas davantage, puisque la pénurie
déplace l’offre et la demande, et engendre des
loyers si élevés ?
C’est que les règlements protégeant
les locataires les en dissuadent : impossibilité durable
de se débarrasser du locataire mauvais payeur ; justice
perçue comme souvent en faveur du "pauvre" locataire
contre le "riche" propriétaire qui n’est
qu’un vilain nanti ; contingentement des augmentations
de loyers quand les prix de construction s’envolent,
ce qui rend le placement immobilier moins attirant que la
bourse ; abaissement récent du dépôt
de garantie à un mois de loyer, qui rendra encore
plus dispendieuse la remise en état après le
départ d’un locataire dévastateur.
Toutes
bonnes raisons pour ne pas louer, vendre, et faire autre
chose de l’argent. Quitte à laisser le bien
durablement oisif en attendant l’acquéreur.
Au moins, pendant cette attente, la valeur monte tranquillement,
et on n’a plus d’ennuis. Des gens aux situations stables et aux revenus suffisants
n’arrivent plus à se loger faute de trouver
quelqu’un d’assez crédible pour leur servir
de caution. Mais devant les risques d’impayés,
et la protection dont jouit ici le locataire, le propriétaire
essaye naturellement de limiter son désastre toujours
possible : ainsi une majorité de locataires honnêtes
se voient pénalisés parce que l’on veut
protéger quelques indélicats potentiels.
Plus on protège par la loi et les règlements,
et plus on déforme le marché, et moins on finit
par protéger. Le mieux est toujours l’ennemi
du bien. Les politiques ne semblent pas le savoir, ou ne
pas vouloir le savoir.
JP, l’avocat du diable.
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Sources : Politique.com, JP
"L'avocat du Diable"
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