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LA VRAIE VERITE SUR LES REVISIONS
A LA BAISSE DE LA CROISSANCE - 26 mars 2008 -
Les années sont ponctuées
d’annonces solennelles nous disant que le chiffre de
la croissance doit être revu à la baisse. L’opinion
générale est que ceux qui nous gouvernent sont
responsables de ce qu’ils avouent ici comme un échec.
La réalité mérite plus d’analyse.
Ni le gouvernement ni l’Etat ne créent la richesse.
Ils se contentent de favoriser les conditions de sa création
; puis ils en collectent une partie pour nous fournir des
services et des équipements collectifs sans lesquels
la nation ne fonctionnerait pas ; et enfin ils en redistribuent
une autre partie en prenant à ceux qui créent
beaucoup de richesse pour en donner à ceux qui en
créent moins et n’auraient que des moyens d’existence
insuffisants.
La richesse ainsi consommée ou partagée, c’est
nous qui la créons, et personne d’autre.
La gestion, l’investissement et la dépense
collectifs, la redistribution s’assemblent dans une équation
compliquée, entre les mains des hauts fonctionnaires
de Bercy et de leur ministre. Première question :
combien aurons-nous ? Il faut faire une hypothèse,
le futur étant mystérieux. C’est le chiffre
de croissance. De lui découle toute une arithmétique
de planification. Les grandes entreprises ne font pas autrement,
le plus simple des ménages non plus.
Un budget est édifié, avec (souvent, hélas
!) un excédent toléré des dépenses
sur les recettes (le "déficit") et des chiffres
tous calculés, négociés et acceptés
pour que ça tombe juste. Un bon plan se signale par
le fait que la modification d’un seul chiffre ait une
répercussion automatique et immédiate sur tous
les autres, et que ça tombe encore juste, avec des
restrictions budgétaires là où c’est
mérité. Ce n’est pas l’optimisme
qui fait le bon plan, c’est le réalisme et la
minutie de l’analyse qui permet les inévitables
réajustements sans faire s’écrouler l’édifice.
Ce chiffre de croissance n’est donc ni un pronostic,
ni un horoscope, et surtout pas une prédiction. Il
n’est qu’une hypothèse de travail, retenue
au moment nécessaire parce que c’était
la plus vraisemblable, au terme de toutes les investigations
permettant de critiquer sa crédibilité : une
conjecture travaillée et documentée. Devoir
l’abandonner ne signale pas une erreur, mais une évolution
de la réalité divergeant de l’hypothèse.
Baser l’exercice sur une hypothèse moins vérifiée
et moins probable au moment de sa conception, ce serait se
promettre un colossal travail de rectification de toute l’arithmétique
: stupide, inutile, dangereux, personne n’en a envie.
Soyons en certain, aucun gouvernement, ni de droite ni de
gauche, ne s’y aventurerait en connaissance de cause.
JP, l’avocat du diable.
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Sources : Politique.com, JP
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