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PULSIONS "SCIENTIFIQUEMENT" RESPONSABLES - 25 juin 2009 -
Vivre ensemble est difficile.
La liberté de l’un a vite fait d’être insupportable à l’autre, par empiétement sur son propre domaine de liberté. Les hommes fixent alors des règles de vie en commun : c’est le droit. Il résulte de décisions prises par ceux que les autres ont salutairement investi de ce pouvoir, ou de la coutume admise par tous.
Ceux qui dérogent à ces règles savent mériter des sanctions. Elles sont décidées par d’autres hommes, qui exercent la justice. Dans sa sanction, celle-ci tient compte de la nature et de l’importance du manquement, du préjudice subi par la société entière ou par les victimes, de l’exemplarité toujours précieuse, et des circonstances expliquant le dit manquement.
Tout est donc parfait. Sauf que la science devient de plus en plus capable d’expliquer ce qui la veille était monstrueux et injustifiable. Assassiner trois nouveau-nés aurait infailliblement conduit la mère meurtrière à la guillotine il y a cent ans. Aujourd’hui les médecins nous expliquent le "déni de grossesse" et la malheureuse femme n’est condamnée qu’à huit ans de prison.
Sa famille exulte devant la légèreté de la peine. Le Tribunal a compris ce qui, il n’y pas si longtemps, aurait été incompréhensible. La justice et le droit ne sont pas exactement la même chose. Ne nous en plaignons pas.

Mais il est temps de se demander si le progrès scientifique ne nous conduit pas vers un monde où tout sera expliqué. La "pulsion incoercible d’appropriation" expliquera le vol bien mieux que la "kleptomanie", "la violence sexuelle héréditaire" expliquera le viol, le "syndrome de virilité dans la performance" expliquera les excès de vitesse, le "symptôme d’aveuglement sanguinaire" expliquera pourquoi la victime a été égorgée.
Ainsi, nous arriverions dans un système où tous les crimes auraient une explication. Ce serait bien normal, être un criminel est une anomalie, qui trouve forcément ses sources dans l’hérédité et/ou dans le vécu. Mais cette explication valant justification, que resterait-il des règles de vie faisant que nous pouvons vivre les uns avec les autres ? De plus en plus compréhensive et éclairée, la justice divergerait de plus en plus du droit et de ses peines de moins en moins souvent prononcées. Droit académique, justice pratique…
Et comment alors faire que la vie en société ne redevienne pas la jungle dont nos ancêtres ont mis des milliers d’années à l’extraire ?
JP, l’avocat du diable, Jissey (illustration).
Sources : Politique.com, JP
"L'avocat du Diable", Jissey
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