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HEURS ET MALHEURS

Sauf indication contraire, les sources proviennent du journal « Le Canard enchaîné » du 20/07/2005.

1. Bob Geldof, initiateur des concerts Live8 : « Aujourd’hui en Europe, chaque vache reçoit 840 euros par an de subvention de l’U.E. Un Africain, lui, reçoit 0,65 euro ! » (Source : L’actu du 02/07/2005).

2. Chirac, dans son allocution du 14 juillet : « Si, en France, nous sommes à 7% d’enfants au-dessous du seuil de pauvreté, en Angleterre il y en a 17% ». Rapport du Cerc (Conseil emploi, revenus et cohésion sociale) : « Avec le seuil de pauvreté retenu par les statisticiens européens (…) ce sont près de 16% des enfants français »... (en France : 50 % du revenu médian, en Europe – dont la Grande-Bretagne – 60 %).

Chirac : nouvelle promesse le lundi 18, à l'occasion des 30 ans du Conservatoire du littoral : hausse de la dotation de l'Etat de 40 % en deux ans (35 millions d'euros au lieu de 26). « Libé » (19/07) rappelle que le budget du Conservatoire reste dérisoire par rapport à sa mission. En trente ans, il n'a pu acheter que 75 000 hectares de côtes pour les préserver du béton. Il espérait posséder 30 % des rivages français d'ici à 2030, projet repoussé de 20 ans...

3. Patrick Ollier (député UMP, président de la commission des Affaires économiques (« Libé » du 14/07) : « si c’était à refaire, il est évident que l’on ne supprimerait pas les emplois-jeunes. »

4. Sarko : « Mon objectif est très simple, d’ici à 2007, je vais m’attacher à montrer ma différence avec Chirac, qui, comme Louis XVI, est déphasé par rapport au peuple et dépassé par les évènements. » Sarko et sa déclaration sur les attentats de Londres peu appréciés par son homologue britannique Charles Clarke qui précise : au sommet extraordinaire des ministres de l’Intérieur à Bruxelles le 13 juillet, arrivé en retard, Sarko est parti en plein milieu (NP : il avait sans doute hâte d’aller frimer devant une caméra quelconque, pour lui, il importe plus de paraître que d’être).

5. CII ou chaîne d’information internationale : prévue par Chirac en février 2002, en pleine campagne présidentielle, pour rivaliser avec les chaînes américaines, CNN et Fox News par exemple.

Aurait dû être mise en place à parts égales par France Télévisions et TFI (montage imaginé par le maire UMP de Cannes), cette dernière n’investissant pas un centime dans la chaîne et obtenant qu’elle ne soit pas diffusée en France pour ne pas concurrencer sa propre chaîne LCI (budget public à trouver, 70 millions d’euros ; pour comparaison, budget d’Al-Jazeera : 160 millions, de CNN : 1,2 milliards de dollars) ! Aux dernières nouvelles : chaîne qui serait publique, dont le lancement est prévu au plus tôt pour 2006.

6. Désinformation : après le week-end du 14 Juillet 2001, l'AFP n'avait recensé que 130 bagnoles détruites (Daniel Vaillant, ministre de l'Intérieur de Jospin) ; le bilan des 14-15 Juillet 2002 et 2003 n'excédait pas les 150 véhicules brûlés (Nicolas Sarkozy, ministre de l'Intérieur) ; le 14 Juillet 2004, la police avait enregistré environ 250 feux de voiture, dont la moitié en région parisienne (Dominique de Villepin, ministre de l’intérieur) ; en 2005, le bilan a atteint 351 véhicules pour la petite couronne et plus de 400 pour l'ensemble de l’Ile-de-France (Nicolas Sarkozy, à nouveau ministre de l'Intérieur).

La plupart des médias ont repris ce commentaire du ministère : « stable depuis des années ». En Seine-Saint-Denis, la Place Beauvau a comptabilisé 261 véhicules détruits en deux jours, mais le cabinet de Sarko a préféré faire circuler le chiffre de 104, totalement bidon. TF 1 a remporté la palme de la désinformation, en comptabilisant, au 20 heures du 15 juillet, seulement « 70 voitures brûlées » en région parisienne. (NP : les « Guignols de l’info : « vous croyez toujours ce qu’on vous dit à la télévision » ou comment manipuler le citoyen de base…).

7. Jardins : 8 500 tonnes de pesticides sont utilisés chaque année en France pour l’entretien des jardins d’agrément et des potagers, soit 8% de la consommation nationale (Source : ça m’intéresse N° 278, avril 2004) (NP : utilisez des coccinelles ou des chrysopes ! Et laissez des zones d’herbes et de fleurs sauvages pour les papillons et autres insectes ; une pelouse rase peut sembler jolie à certains mais c’est un désert entomologique !).

8. Livres : « L’entreprise contre la pauvreté, la dernière chance du libéralisme » (Edition Autrement, 186 p., 14,95 euros) : retraité, ancien entrepreneur, avec son association Agri-sud fondée en 1992 et avec pour objectifs la lutte contre la pauvreté et l’épanouissement humain, Jacques Baratier a contribué à créer en Afrique et en Asie un tissu économique constitué de petites activités (maraîchage et élevage). Bilan actuel : 12 000 micro-entreprises et 53 000 emplois.
« Dehors les P’tits Lus » (Monique Laborde – infirmière auprès des salariés LU depuis 20 ans – et Anne Gintzburger, Flammarion, 294p., 18 euros).

9. Millau (viaduc de) : construit et financé par le groupe Eiffage, à hauteur de 400 millions. Au vu des premières semaines d'exploitation, le concessionnaire peut espérer une quarantaine de millions de péages par an. Le viaduc serait ainsi entièrement remboursé en 2020, mais sa concession courra jusqu'en 2079...

10. Privatisations (NP : projets de…) : les péages servent essentiellement à rembourser les emprunts contractés par les sociétés concessionnaires pour les construire. Une fois les dettes payées, c'est tout bénef - ou presque - , après déduction des frais de personnel et d'entretien.

Les sociétés ont déjà remboursé une bonne partie de leurs emprunts : Autoroutes du sud de la France (ASF) a réalisé, l'année dernière, un profit (après impôt) égal au quart de son chiffre d'affaires. Dans une douzaine d'années, elle aura remboursé la totalité de ses emprunts et elle engrangera alors les péages jusqu'à la fin de sa concession... en 2032. APRR (Paris-Rhin-Rhône) et Sanef (nord et est de la France), moins avancés dans leurs remboursements, enregistrent 10 % de bénéfice net et leurs concessions ne prendront fin que dans un quart de siècle. (NP : même François (Bayrou) trouve qu’on pousse le bouchon un peu loin).

11. Privatisation d’EDF : très endettée, doit mettre de côté 12 milliards pour prévoir le paiement des retraites. Les dividendes versés à ses futurs actionnaires s'annonçaient fort maigres. De quoi compromettre la vente de 30 % de son capital, programmée pour la fin de l'année : les financiers de la boîte ont inventé, avec l'accord du gouvernement, une manipulation comptable qui devrait régler le problème, même si elle est dénoncée par les syndicat.

L'augmentation de capital d'EDF (environ 10 milliards) lui servira à constituer une provision pour le versement de dividendes à ses nouveaux actionnaires. Leur montant est déjà fixé noir sur blanc dans le « plan triennal » d'EDF : 3,7 milliards en trois ans, soit trois fois ce que l'entreprise versait en moyenne à l'Etat. Une privatisation a dividende garanti, on n'arrête pas le progrès. Privatisation d’EDF bis : la campagne publicitaire liée à cette privatisation coûtera 10 millions d’euros (NP : payée par le consommateur ?).

12. Privatisation de GDF : le prix fixé par le gouvernement était si avantageux (et la demande si forte) que la Bourse a eu le plus grand mal à en fixer le prix ; en fin d’après-midi, la hausse avait atteint 24% (rappel : 20 milliards de recettes espérées par Villepin contre 13 apportées en 3 ans pour Raffarin et 40 en 5 ans pour Jospin).

13. Stock-options chez Alcatel : surprenant, aucune en 2005 pour Serge Tchuruk ! Lequel gagne annuellement près de 2,3 millions d’euros et pourra rester PDG jusqu’en 2008 (son départ était programmé pour 2006). (NP : cela vaut bien un petit sacrifice...).

- Stock-options chez Alstom : introduction en bourse en 1998 au taux de 30 euros ; valeur à l’été 2004 : 31 centimes. Recapitalisation en août 2004 avec l’aide de Sarko, (NP : et des contribuables !) alors ministre de l’Economie : capital multiplié par 5, l’Etat en détenant dorénavant 21%. PDG depuis janvier 2003, Patrick Kron se voit attribuer en septembre 2004 7,5 millions de stock-options (à 43 centimes pièce).

Plus-value prévisible pour l’heureux bénéficiaire, l’action d’Alstom ayant doublé depuis lors : 3,5 millions d’euros qui s’ajoutent aux 1,635 millions perçus en salaire, bonus et avantages en nature pour l’exercice 2004-2005 (2,4 millions prévus pour 2005). (NP : heureusement qu’on fait par ailleurs des économies en baissant à 2% le taux du Livret A !).

14. " Travailler plus pour gagner moins " : dans la vallée de la Crau, 240 saisonniers agricoles marocains et tunisiens qui ramassent pêches et abricots pour le plus gros producteur de fruits des Bouches-du-Rhône viennent de se révolter et de se mettre en grève. Ils touchent mensuellement 880 euros net mais travaillent jusqu'à 230 heures par mois, sont hébergés dans des baraquements délabrés, sans eau courante, qu'ils doivent payer 62 euros par mois. Ce ne sont pas des clandestins mais des immigrés venus officiellement en France pour travailler sous contrat d'Etat, avec la bénédiction de l'OMI (Office des migrations internationales).

Chaque année, les exploitants agricoles de ce département importent un quota de 4 000 saisonniers. (Commentaire du « Canard » : on attend qu'un spécialiste du nettoyage au Kärcher s'attaque aux patrons-voyous...).

Sources : Politique.com, Alain

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