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LE MODELE DANOIS ET LE MEDEF
1. Modèle danois ? (Politis
du 16/06/2005 :articles de Thierry Brun, Denis Sieffert et
Clotilde Monteiro) :
De retour du Danemark, Jean Arthuis, Pierre Méhaignerie
et des députés des commissions des Finances
et des Affaires sociales ont loué les miracles de
la « flexsécurité »...
En fait, le système s’appuie sur deux versants
indissociables, la flexibilité et sa contrepartie,
la sécurité collective.
Quelques chiffres pour commencer : taux
d’imposition
au Danemark : 62% pour les hauts salaires (le plus élevé du
monde ; en France : 48% ; grâce à ces impôts,
les dépenses publiques représentent 1,66% du
PIB contre 0,91% en France) ; taux d’emploi des administrations
publiques en 1995 (hors entreprises publiques) : 35,4% (20,2%
en France) ; garde d’enfants (0-3 ans)dans des structures
publiques ou semi-publiques : 48% (23% en France) ; taux
d’activité des mères (1999) : 84% (France
: 56%) ; écart des taux d’activité hommes/femmes
(2001) : 7,8% (15,4% en France) ; rapport des revenus des
10% les plus riches à celui des 10% les plus pauvres
: 5,7 (9,1 en France ; respectivement 14 et 16 pour la Grande-Bretagne
et les USA, voir N° 26) ; 80% de syndiqués au
Danemark (l’assurance chômage y est financée
par les syndicats) contre 8,2% en France ; 90% du salaire
pour les chômeurs pendant 4 ans à condition
d’avoir travaillé 52 semaines !!!
En contrepartie,
27% de salariés changent effectivement d’emplois
chaque année, mais dans un pays qui représente à peine
1/10 de l’Hexagone...
2. Modèle français
? Diplômé d’un
IUT, jeune chef de rayon dans un Magasin U, 64 h de travail
hebdomadaire pour le SMIC, Laurent vient de démissionner
pour aller « faire les 3 x 8 » dans une usine.
(mon père les a faites pendant 30 ans...) Le contrat
de nouvelle embauche avec une période « d’essai » de
2 années dans les PME de moins de 20 salariés
?
2. bis : « Vers la flexprécarité »,
Jean Gadrey, Politis du 16/06/2005 : « On trompe l’opinion.
On lui fait croire que l'on n'est pas dans une logique libérale
mais qu'on s'inspire au contraire de pays très sociaux.
On parle de la Suède pour dire qu'elle a libéralisé la
poste, du Danemark pour dire qu'il y a une plus grande flexibilité du
marché du travail, et on continue à s'inspirer
des recettes libérales de Grande-Bretagne ou des États-Unis
pour tout le reste, en particulier pour ce qui est du développement
d'emplois précaires ou à temps partiel très
court dans les services. C'est de la flexprécarité.
Prenons
l'exemple de l'emploi dans les services de proximité destinés
aux personnes âgée. Il y en a beaucoup en Suède.
Jean-Louis Borloo veut développer des services de
ce type, mais en favorisant le temps partiel, sans ressources
pour la professionnalisation de ces emplois, et en s'appuyant
sur des déductions fiscales réservées
aux catégories les plus riches. Ce sont des recettes
typiquement libérales.
Dans les pays scandinaves,
les personnes intervenant au domicile des personnes âgées
dépendantes sont salariées par des collectivités
locales et ont un statut public. Elles ont une formation
d'au moins trois ans, sont correctement payées et
ont une vraie carrière dans ce secteur très
développé. Et les personnes âgées
aux revenus modestes ont gratuitement accès à ces
services. Cela n'a donc strictement rien à voir. On
est d'un côté dans un plan libéral de
petits boulots, réservés dans 95% des cas à des
femmes à temps partiel, souvent de quelques heures
par semaine ; de l'autre côté, on est dans la
création d'un secteur de services professionnels relevant
de l'action sanitaire et sociale, au service d'un droit universel
reconnu par la loi ». 2. ter : Avis de l’ex-Premier ministre
social-démocrate
danois : « Ce modèle est cohérent
et M. de Villepin ne peut en prendre quelques aspects tout
en
laissant les autres de côté. Il n’a pas
le droit d’utiliser le modèle danois pour légitimer
des pensées conservatrices françaises. » (Le
Canard enchaîné du 15/06/2005).
Rappelons que
la productivité des salariés français
est une des plus élevées en Europe (25% de
plus qu’en Grande-Bretagne). Source : Politis du 16/06/2005.
3. Selon Le Canard enchaîné du
06/07/2005 (Jean-François
Julliard), Laurence Parisot, nouvelle présidente du
Medef aurait dit « La liberté de penser s’arrête
où commence le Code du travail. » et non « s’arrête
là où commence le droit du travail » comme
je l’écrivais dans l’info N° 26. Ce
qui ne change rien. Elle a aussi affirmé : « Les
femmes ont une vision plus optimiste de l’avenir, elles
apportent de la flexibilité dans l’entreprise ».
Et ce ne sont pas de vains mots… A l’IFOP qu’elle
pédégète depuis 1990, 90% des salariés
sont sous contrat à durée déterminée
(ils peuvent se voir révoquer à volonté mais
aussi reconduire indéfiniment). Les comptes de l’IFOP
n’ont pas été communiqués pendant
plusieurs années.
Le chiffre d’affaires et les
résultats de « Phone City » (une filiale
spécialisée dans les sondages par téléphone)
sont introuvables (« comptes annuels non publiés »).
De mars 1998 à novembre 2000, officiellement « assistante » de
cette boîte de sondages et payée par elle, une
certaine Corinne L. travaillait en fait au domicile parisien
de Laurence comme « gouvernante, maître d’hôtel
et cuisinière »... Rien que de très
banal en somme. Je ne sais pas pourquoi mais tout cela m’évoque
Renaud et Margareth Thatcher.
4. Un p’tit coup d’Sarko
pour conclure (même
source, Hervé Liffran), au sujet du garçon
tué à la cité des 4 000 (cf N° 25)
: « les deux frères âgés d’une
vingtaine d’années étaient déjà connus
pour viol sur mineur et trafic d’armes et de drogue
.../... Mais
que faisaient-ils dehors ? ».
Selon le Canard, ce ne
sont certes pas des enfants de chœur mais les juges
et la PJ de Seine-Saint-Denis sont formels, il n’y
a rien concernant un viol sur mineur ou un quelconque trafic
d’armes... Difficile d’être bien informé quand
on n’est que Ministre de l’Intérieur,
vivement 2007 !
Sources : Politique.com, Alain
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