Actualité politique en France et à l'étranger
Donner, c'est agir
A propos     Actualité     Ressources     Dossiers     Forum     Contact     Accueil  

Plan du site
Dessins & Caricatures
Revue de presse
Forum

BREVES DE BUREAU ESTIVALES (suite)

La liberté de la presse ne s’use que quand on ne s’en sert pas...

En décembre 2003, Michael Moore commence ainsi la préface dédiée aux lecteurs de l’Hexagone de son livre "Tous aux abris !" (La Découverte, 2003) : "Mes salutations les plus cordiales à mes amis Français, reliques de la Vieille Europe – et fiers de l’être – et avant-garde de la Coalition des Réfractaires !".

J’ai plutôt l’impression que nous avons en fait déjà rejoint la cohorte de l’arrière-garde mais qu’importe, la méprise de Michael n’est que le reflet de ses illusions encore juvéniles. Préface dans laquelle il écrit : "Les premiers 50 000 exemplaires de "Mike contre-attaque !" (un autre de ses bouquins, NDR) étaient sortis de l’imprimerie comme prévu, le 10 septembre 2001. Mais, le lendemain, alors que la tragédie battait son plein, les camions (…) ne quittèrent jamais leur hangar. Mon éditeur bloqua ce premier tirage pendant cinq longs mois (…) par volonté de me bâillonner et de censurer le contenu de mon livre (…).

Précision pas tout à fait inutile sur cet ex-éditeur : "filiale du groupe Harper Collins qui fait partie du groupe News Corp, qui est propriétaire de Fox News, deux entités appartenant elles-mêmes à Rupert Murdoch."

Et sur les médias de façon plus générale : "alors que six empires médiatiques contrôlent tout. Brisons ces monopoles pour le plus grand bien de ce pays ! La libre circulation des idées et des informations ne doit pas être accaparée par une poignée de milliardaires."
On y apprend également que "d’après une enquête récente, 85% des Américains de 18 à 25 ans ne savent pas où se trouve l’Irak".

Michael développe longuement les fausses "vraies raisons" (mensonges, inventions…) qui ont conduit le Gouvernement US à envahir l’Irak (armes nucléaires, biologiques et chimiques, liens avec Al Qaeda), ajoutant que "le soutien aux tyrans fous et à leurs régimes (…) est une longue et glorieuse tradition de notre pays" (Saddam Hussein, Pol Pot au Cambodge, Mobutu au Zaïre, Suharto et les 500 000 Indonésiens massacrés, en Arabie Saoudite, Afghanistan, Iran, au Brésil, Guatemala, Chili…), consacre tout un chapitre à la campagne de propagande anti-française ("l’axe des fouines") qui s’est développée aux USA, ironisant : "Quand vous avez vraiment besoin de montrer du doigt un coupable de service, sincèrement, il n’y a pas mieux que la France" et révèle les résultats de l’étude faite par le laboratoire indépendant des médias FAIR sur les JT du soir de 6 chaînes américaines pendant 3 semaines, à partir du 20 mars 2003 : "sur plus de 1 600 commentaires, les téléspectateurs avaient 25 fois plus de chances d’être exposés à un commentaire pro-guerre, les sources militaires étaient 2 fois plus fréquentes que les sources civiles, sur 840 membres de l’administration ou de l’armée interviewés, seuls 4 étaient anti-guerre…".

Rupert Murdoch (puisqu’il est cité ci-dessus) et son empire de presse mondial...

Source : Daniel Sauvaget (Observatoire des média Acrimed), le 17/08/2004.

Le groupe News Corp. (Rupert Murdoch) : évolution depuis 2002 (extraits)
"Rupert Murdoch, « l’homme le plus dangereux du monde » selon Ted Turner, fondateur de CNN et à ce titre longtemps rival du magnat australo-américain des médias, n’a fait qu’étendre son empire depuis deux ans. Mais bien sûr, si les plus grands politiques aux yeux de Murdoch sont Ronald Reagan et madame Thatcher, si ses chaînes américaines (dont Fox News, devenue la plus suivie des chaînes d’information continue) constituent d’indéfectibles soutiens aux conservateurs pro-Bush, ce n’est pas à ses options politiques que Turner s’en prend, mais aux ambitions dévorantes de ses entreprises.

Premier opérateur mondial de télévision payante, présent sur tous les continents sauf l’Afrique avec environ 130 millions d’abonnés dans le monde (…) La prospérité du groupe est fondée sur les réseaux TV payants, sur la puissance de ses chaînes américaines, et (pour le moment) sur ses activités cinéma (…).

Les grands secteurs d’activité restent :
- la télévision, dont la croissance aux Etats-Unis est spectaculaire (achat de l’opérateur-satellite DirecTV, développement du réseau Fox Television avec, fin 2003, 34 stations possédées et 151 affiliées) et progression en Amérique latine, en Europe et en Asie,
- le cinéma : production des studios Fox et distribution des films dans le monde (en France via UFD, société commune avec le français UGC),
- la presse : News Corp reste au Royaume Uni le leader de la presse de caniveau, où le groupe détient quatre imprimeries, et procède à une réorganisation de son autre bastion, l’Australie (reprise des parts de la famille Murdoch, majoritaires, dans Queensland Press par News Corp),
- le livre, avec Harper Collins et ses 38 filiales et départements spécialisés, dont 12 dans le livre pour enfants et le secteur éducatif (...).

En Europe, News Corp est présent d’abord au Royaume-Uni avec BskyB (11 millions d’abonnés). (…) Sur le continent européen c’est en Italie que Murdoch a fait la plus forte progression. Profitant de la déroute de Vivendi et de Canal plus, il a pu acheter dans de bonnes conditions la chaîne payante Telepiù, dont la fusion avec sa propre chaîne Stream a donné naissance en juillet 2003 à Sky Italia (2,3 millions d’abonnés).

Il y a donc nouveau partage du marché des télévisions commerciales, entre les chaînes payantes de Murdoch et les chaînes hertziennes de Mediaset-Berlusconi - et un petit strapontin pour un troisième larron. En effet, sur injonction de Bruxelles, Murdoch a dû céder deux chaînes hertziennes italiennes. L’acheteur est un proche, Tarak Ben Ammar, financier actif en Tunisie, Italie, France et Pays-Bas, déjà en affaires auparavant avec Murdoch ainsi qu’avec Berlusconi ; Ben Ammar crée un réseau numérique dans lequel TF1 prend 49%, et lance avec lui une chaîne sportive, Sport Italia".

Silvio Berlusconi (puisqu’il est cité ci-dessus) et son emprise sur les médias italiens
Source : Reporters sans frontières

23/07/2003 : deux projets de lois sur mesure pour l’empire médiatique de Silvio Berlusconi (extraits) : "le fait que Silvio Berlusconi cumule empire médiatique et pouvoir politique est une anomalie unique en Europe. Ces projets de loi, qui servent clairement les intérêts de Silvio Berlusconi, représentent une menace pour la liberté et le pluralisme de la presse et un danger réel pour l’autonomie de la télévision publique", a déclaré Robert Ménard, secrétaire général de Reporters sans frontières.

La Chambre des députés a validé le projet de loi sur le conflit d’intérêts, supposé remédier aux problèmes posés par la "double casquette" de Silvio Berlusconi, à la fois le chef de l’exécutif et l’homme le plus riche du pays. Les médias sont au cœur de son empire économique : il est propriétaire de Mondadori, l’un des principaux groupes de presse et d’édition du pays, et de Mediaset, qui regroupe trois chaînes de télévision privées. En tant que président du Conseil, il a également une capacité d’influence considérable sur la RAI. (principal groupe audiovisuel public italien, NDR).

Si le texte affirme que la gestion d’une entreprise à but lucratif est incompatible avec une charge gouvernementale, il n’y a pas de conflit d’intérêts si la gestion de cette société est confiée à une tierce personne. Or, Silvio Berlusconi n’apparaît dans aucun organigramme de ses propriétés, dont la gestion est confiée à sa famille ou à ses proches. Dans ce cas particulier, la question du conflit d’intérêts n’a donc plus lieu d’être…"

Et pour terminer, retour dans notre microcosme hexagonal avec Wolinski : "de plus en plus, les journaux préfèrent les rumeurs et les bruits aux informations et aux nouvelles. Ça coûte moins cher, c’est moins dangereux, et on n’est pas obligé de vérifier, ni de démentir" (La morale, le cherche midi éditeur, 1992).

Sources : Politique.com, Alain

Page précédente.../ Haut de page...



Politique.com © POLITIQUE 2004-2007. Tous droits réservés.

Chambres d'hôtes - Nouvelle Calédonie - Afrique du Sud - République tchèque - Corée du Sud - Slovénie - Epices - Cabourg - Brocéliande