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SUISSE : LE SYSTEME POLITIQUE

- Un pays fédéraliste :
La Suisse est divisée en 26 cantons et demi-cantons, regroupant plusieurs centaines de communes. Les cantons sont plus ou moins autonomes tant d'un point de vue constitutionnel (constitution propre pour chacun d'entre eux) que législatif, judiciaire, fiscal et administratif.
A titre d'exemples, l'éducation, la gestion des hôpitaux (hors hôpitaux communaux et privés), la construction et l'entretien de la majorité des routes (hors autoroutes et routes nationales), la police... sont gérés au niveau cantonal.

Suisse, carte des cantons (cliquez pour agrandir) :

Suisse, carte des cantons...

Chacun des cantons possède son parlement (le "Grand Conseil") et son gouvernement (le "Conseil d'État").

- Mode de gouvernement :
Le pouvoir législatif est exercé par l'Assemblée fédérale, qui est formée de deux chambres : le Conseil national (200 membres), formé des représentants du peuple, et le Conseil des États (46 membres). Chaque canton possède 2 sièges au Conseil des États (un seul pour les ½ cantons) et d'un nombre de sièges proportionnel à sa population au Conseil national.

Le pouvoir exécutif est exercé par le Conseil fédéral, formé de 7 membres, et de l'administration fédérale qui lui est subordonnée. Les membres du Conseil fédéral sont élus pour 4 ans par l'Assemblée fédérale, qui, en règle générale, reconduit les candidats sortants si ces derniers désirent poursuivre leurs fonctions.

Cette règle tacite a cependant été infirmée lors de la dernière élection de décembre 2003 avec l'évincement de la conseillère fédérale démocrate-chrétienne Ruth Metzler-Arnold au profit du candidat de l'Union Démocratique du Centre (UDC) Christoph Blocher. Cette situation a donc modifié la répartition des sièges en fonction des partis politiques pour la première fois depuis l'introduction de la "formule magique" en 1959 qui vise à répartir les sièges du gouvernement fédéral proportionnellement au poids de chaque parti à l'Assemblée fédérale.

Depuis 1959, et malgré la progression depuis le début des années 1990 de l'UDC, cette répartition n'avait jamais été modifiée et était composée comme suit : 2 sièges pour le Parti radical-démocratique (PRD), 2 pour le Parti démocrate-chrétien (PDC), 2 pour le Parti socialiste (PSS) et 1 siège pour l'UDC. Les élections fédérales de l'automne 2003 ayant confirmé la montée en puissance de l'UDC, les partis gouvernementaux se sont résolus sous la pression populaire à revoir la répartition des sièges du Conseil fédéral.

Le Conseil fédéral fonctionne selon le principe de collégialité, ce qui signifie que les décisions sont prises le plus possible par consensus. Si tel n'est pas le cas, un vote a lieu parmi les 7 conseillers fédéraux. Selon ce principe, ceux qui s'opposent à une mesure qui est adoptée par le collège doivent tout de même défendre le projet au nom de celui-ci. Mais ce dispositif a connu quelques distorsions ces dernières années, notamment lors de campagnes précédant des votations populaires.

Un Président de la Confédération est élu parmi les conseillers fédéraux. Il est élu pour une année par l'Assemblée fédérale. Son rôle est principalement représentatif. Traditionnellement, les conseillers fédéraux sont élus président à tour de rôle en fonction de leur ancienneté.

Système politique suisse (cliquez pour agrandir) :

Le système politique suisse...

- La Suisse, véritable démocratie directe :
La Suisse permet à ses citoyens de garder en permanence un contrôle sur les élus, ce qui en fait une des dernières "démocraties directes" du monde. En effet, en Suisse, le corps électoral dispose de deux instruments qui lui permettent d'agir sur un acte décidé par l'État : il s'agit du référendum, qui peut être facultatif ou obligatoire, et de l'initiative populaire qui est le droit d'une fraction du corps électoral de déclencher une procédure permettant l'adoption, la révision, ou l'abrogation d'une disposition constitutionnelle.

Le référendum facultatif permet de remettre en cause une loi votée par l'Assemblée fédérale. Il est facultatif car il nécessite la récolte de 50 000 signatures en l'espace de 100 jours pour qu'il aboutisse à une consultation populaire. Si tel n'est pas le cas, la loi est considérée comme adoptée.

Le référendum obligatoire impose, comme son nom l'indique, automatiquement une consultation populaire dans les cas prévus par la constitution fédérale. Il implique la double majorité de la population et des cantons.

L'initiative populaire au niveau fédéral est un instrument qui permet à un comité de citoyens de proposer une modification de la constitution fédérale, que ce soit dans le but d'y introduire une nouvelle disposition ou d'en modifier/ abroger une déjà existante.
En revanche, elle ne concerne pas les actes de rang législatif.
Si les initiants parviennent à réunir 100 000 signatures dans un délai de 18 mois, le projet est soumis au peuple. Pour que le projet soit accepté lors de la consultation populaire, la double majorité de la population et des cantons est nécessaire, ce qui rend bien sûr plus difficile le succès d'une initiative populaire (15 acceptées en 114 ans).

Par ailleurs, les autorités fédérales ont la possibilité d'y opposer un contre-projet qui permet souvent de reprendre les éléments attractifs d'une initiative tout en laissant de côté les aspects trop contraignants ou jugés extrêmes de cette dernière. Il arrive qu'un contre-projet donne satisfaction aux initiants qui peuvent décider dès lors de le soutenir également, voire même de retirer leur initiative. Dans ce cas, seul le contre-projet est soumis au peuple.

Ces possibilités sont fréquemment utilisées, ce qui fait de la Suisse un pays où l'on vote très souvent (4 à 5 fois par an en moyenne avec généralement plusieurs objets soumis simultanément).
Afin de garantir une transposition des directives dans les délais, ce système devrait être réformé en cas d'adhésion à l'Union européenne (UE). De plus, les initiatives incompatibles avec le droit européen devraient être invalidées, dans la mesure où le droit communautaire prime sur le droit national. La crainte d'une perte de souveraineté est d'ailleurs l'un des arguments des opposants à cette adhésion.

Liste des principaux partis (classés par ordre alphabétique) :
- PDC, Parti démocrate-chrétien
- PRD, Parti radical-démocratique
- PSS, Parti socialiste suisse
- UDC, Union démocratique du centre
- Verts, Parti écologiste

Sources : Politique.com, Wikipédia.

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