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L'OTAN (Organisation du Traité de
l'Atlantique Nord)
L'Organisation du Traité de l'Atlantique
Nord (OTAN, en anglais NATO pour "North Atlantic Treaty
Organisation") est une alliance stratégique
et militaire conclue entre les Etats-unis, le Canada, les signataires
du traité dit "de
Bruxelles" (France, Belgique, Luxembourg, Pays-Bas et
Royaume-Uni) ainsi que 5 autres pays européens invités
(Danemark, Italie, Islande, Norvège et Portugal).
L’objectif des initiateurs du Traité est
de permettre à l'Europe occidentale de faire face
dans l’après-deuxième guerre
mondiale à la
menace que constitue l'Union soviétique (le pendant
de l’OTAN à l’Est fut le pacte de Varsovie).
L'OTAN siège dans la capitale belge, Bruxelles, tandis
que son commandement militaire, le "Shape", se
trouve à Mons, toujours outre-quiévrain. Les
ressources militaires cumulées des pays du bloc OTAN
s’élèvent à 3,8 millions d’hommes
mobilisables, 7 600 ogives nucléaires et 183 sous-marins.
A titre de comparaison la Russie dispose d’1,1 million
d’hommes, 8 230 ogives et 70 sous-marins tandis que
la Chine affiche 2,2 millions d’hommes, 400 ogives
et 70 sous-marins également.
- Pourquoi le Traité de l'Atlantique
Nord ?
L’OTAN est avant tout une réaction à l’incapacité de
l’ONU d’assurer une paix mondiale, et aux entraves
générées par les multiples recours au
droit de véto des représentants russes et chinois
au Conseil de sécurité.
Sans se perdre en détails, précisons néanmoins
que le contexte géopolitique de l’immédiat
après-guerre est tendu : les pays d’Europe occidentale
souhaitent tout à la fois empêcher tout retour
de l’Allemagne à un statut de grande puissance
militaire et faire contrepoids à la menace soviétique
grandissante à l’est du continent, les troupes
américaines étant progressivement démobilisées. Le souhait des Etats-unis de voir les pays européens
se relever rapidement d’un conflit meurtrier qui les
a laissés exsangues s’accompagne certes d’une
aide militaire et économique massive, mais aussi d’une
volonté forte de voir les Européens s’unir
et assurer leur défense eux-mêmes (principe
illustré par les articles 1 à 5 du Traité).
La situation internationale évolue sensiblement à la
suite du "coup de Prague" de février 1948,
suivi dans la foulée de la conclusion d’une
alliance militaire conclue le 17 mars 1948 pour 50 ans, le
Traité de Bruxelles, qui jette les bases de la future
alliance transatlantique.
Le blocus de Berlin-ouest ravive, si besoin était,
l’intérêt de renforcer le dispositif occidental
de défense, et les spécialistes du droit formalisent
peu à peu les contours du futur Traité. En
effet, l’interdiction par la constitution américaine
d’une participation à une alliance militaire
en temps de paix est une difficulté juridique à ne
pas négliger.
L’écueil sera vite franchi, avec le vote de
la résolution 239, dite "Vandenberg" par
le Congrès américain le 11 juin 1948. L’alliance
devient constitutionnellement compatible, à la seule
condition d’être conforme à la charte
des Nations-unies et d’inscrire dans le traité de
laisser le choix des mesures à prendre en cas d’agression
sur un des membres à chacun des pays signataires,
ce qui sera fait.
Après quelques mois de négociations durant
l’été-automne 1948, l’accord définissant
les modalités du pacte d’alliance militaire
est signé le 4 avril 1949 à Washington. Le
point d’orgue de ce Traité de l'Atlantique Nord
est constitué par l'article 5 relatif à la
solidarité entre ses membres en cas d'agression par
un pays tiers. Avec la ratification de ce traité, les USA rompent
avec leur tradition isolationniste (bien que de nombreuses
entorses à ce principe aient été opérées
pour des questions d’opportunisme stratégique
depuis l’Indépendance) en formalisant une communion
d’intérêts avec le continent européen.
Conformément à la Charte des Nations-unies
en son article 51, les pays alliés s’en remettent à la
décision du Conseil de sécurité pour
tout règlement de différends "marqués" ne
pouvant être résolus autrement. Le Traité réaffirme
sa subordination à l’ONU et la prédominance
de celle-ci en tant qu’autorité supranationale
(cf. article 1er).
Quelques opérations militaires récentes de
l'Alliance, présentées en vrac :
- Bosnie-Herzégovine (1995 - 2004) : campagne de bombardement
pour cesser le conflit suivie d’une mission de maintien
de la paix. Les contingents de l’IFOR puis de la SFOR
de l'OTAN passèrent le relais le 2 décembre
2004 à l'EUFOR diligenté par l'Union européenne,
- Macédoine (2001 - 2003) : force de maintien de
la paix qui sera relayée par des troupes de l'Union
Européenne le 31 mars 2003,
- Albanie (avril - août 1999) : 7 000 militaires sont
déployés pour une opération humanitaire
destiné à secourir les réfugiés
kosovars venus en Albanie pour fuir les exactions menées
sur leur territoire,
- Kosovo (1999 - ...) : Après une campagne aérienne
durant la guerre du Kosovo, en juin 1999, la force multinationale
de paix de l'OTAN au Kosovo (KFOR) se déploie avec
43 000 hommes. A la fin 2007, ses effectifs sont toujours
de 18 000 personnes,
- Afghanistan (2003 -...) : l'OTAN prend le 11 août
2003 commandement sous mandat de l’ONU de la force
internationale d'assistance et de sécurité (FIAS
ou ISAF) réunissant pas moins de 37 pays. La FIAS
a pour objectif d’étendre l'autorité du
pouvoir central et de faciliter l’effort de reconstruction
du pays. Fin 2007, environ 35 000 hommes sont déployés
dans le cadre de cette mission.
- Irak (2003 - ...) : soutien logistique à la division
multinationale et participe à la formation des forces
de sécurité irakiennes avec 300 personnels
dont des instructeurs sur place et dans les écoles
de l'OTAN.
- Active Endeavour (2001-...) : opération d'interdiction
maritime suite aux attentats du 11 septembre 2001. La force
navale permanente de la mer Méditerranée (Stanavformed)
est déployée pour participer à la lutte
anti-terrorisme, mobilisant 1 200 soldats.
- Adriatique (1992 - 1996) : engagement des forces de l’OTAN
dans une opération de surveillance maritime (nom de
code : Sharp Guard), destinée à contrôler
la bonne application de l'embargo sur les armes imposé à la
République de Yougoslavie.
- Objectifs affichés à moyen
et long-terme
L’organisation doit pouvoir répondre sans délai à toute
mesure nécessitant de mener de front deux opérations
de grande envergure mobilisant 60 000 hommes chacune et six
opérations moyennes (30 000 hommes).
Au total, jusqu'à 300 000 soldats aguerris doivent
pouvoir être disposés à intervenir dans
n'importe quelle région du monde pour des missions
de maintien de la paix ou de "coopération".
En outre, les membres alliés se sont engagés à consacrer à leur
défense au moins 2% de leur PIB pour y parvenir, un
chiffre que seuls sept des 26 alliés, dont les États-Unis,
la France, le Royaume-Uni et la Turquie, parviennent à atteindre.
- Structures de commandement
Commandement politique
Centre névralgique du système, le Conseil
de l'Atlantique Nord se compose des représentants
permanents des 26 États membres, lesquels se réunissent
chaque semaine sous la présidence du Secrétaire
général de l'OTAN. La prise de décisions
se fait à l'unanimité.
Quelques "sous-structures" ont une responsabilité bien
spécifique, telles que :
- Comité des plans de défense : planification
collective du schéma de défense,
- Groupe des plans nucléaires : questions géostratégiques
liées à l’utilisation de la force nucléaire,
- Comité militaire (26 membres) : recommandations
aux autorités politiques de l'OTAN à propos
des mesures jugées nécessaires à la
défense commune et élaboration de directives
sur les questions militaires.
Le Secrétariat international et l'État-major
militaire international apportent leur concours au Conseil
et aux comités. Commandement militaire
Avant 2003, la division géographique était
la clé de répartition du commandement militaire
: zone Atlantique, Europe…
Désormais, l’ensemble des fonctions opérationnelles
est sous l’égide d’un commandement unifié :
le Commandement allié "Opérations" (ACO,
en anglais Shape pour Supreme Headquarters Allied Powers
in Europe). Il est basé à Mons (Belgique),
ne dispose plus que de 6 quartiers généraux (13 précédemment) et supervise 3 états-majors
interarmées implantés à Brunssum (Pays-Bas),
Naples (Italie) et à Oeiras (banlieue lisboète,
Portugal).
Pour ses besoins permanents et/ ou immédiats, le
Shape dispose du NAEWF, la force aéroportée
de détection lointaine et du NRF, force de réaction
regroupant 25 000 hommes déployables en cinq jours.
6 états-majors de composante (air, terre, mer) complètent
le dispositif :
- État-major air : Ramstein (Allemagne), Izmir (Turquie),
- État-major terre : Heidelberg (Allemagne), Madrid
(Espagne),
- État-major mer : Northwood (Royaume-Uni), Naples
(Italie).
Reste le Commandement allié à la transformation basé à Norfolk (État de Virginie, États-Unis),
lequel a pour rôle de répartir les efforts militaires
visant à permettre à l'Alliance une adaptation/
réponse rapide à d’éventuelles
guerres protéiformes (contexte de la "stratégie
sans adversaires"). Sources : Politique.com, OTAN
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