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INTERNET ET LA CAMPAGNE ELECTORALE
AMERICAINE
Les états-majors du Parti républicain
et démocrate se livrent d’ores et déjà à une
guerre sans merci sur la Toile en prévision de l’élection
présidentielle de novembre 2004 : petits films satiriques,
rumeurs, manipulations et désinformations en tout
genre sur les tares (réelles ou supposées)
de l’adversaire se multiplient afin de faire basculer
l’internaute indécis dans le camp souhaité.
On a ainsi pu voir la première dame
des Etats-Unis, Laura Bush, vanter les mérites de
son mari George ("l'ami des parents et enseignants")
via une bannière publicitaire sur le site Parents.com.
L'internaute visiteur du New York Times est lui invité,
après avoir cliqué sur le bandeau correspondant, à soutenir
financièrement John Kerry grâce au don en ligne
sur le site de la campagne.
Même les liens dits "sponsorisés" sur
le moteur de recherche Google (publicité en fonction
de certains mots-clés) ont trouvé acheteur.
Sites généralistes, blogs, journaux nationaux
et locaux..., tout est bon pour atteindre le public le plus
large possible.
Internet, espace de discussion libre par
excellence, est-il un vecteur idéal de la démocratie
?
Howard Dean, le rival malheureux de John Kerry pour l’investiture
du parti démocrate est en tous cas un des premiers
hommes politiques à avoir compris l’importance
du Réseau comme outil de marketing politique à part
entière…
Cette irruption du Net dans la campagne électorale
américaine 2004 a été initiée
par MoveOn.org, site web indépendant, devenu un des
groupes de pression démocrate les plus puissants sur
la Toile, avec près de 2 millions de membres.
MoveOn collecte des fonds pour le financement de publicités
anti-conservateurs, organise ses propres primaires et lance
sondages et pétitions sur les sujets d’actualités
les plus brûlants (comme le mensonge du Président
Bush sur les armes de destruction massives en Irak).
Le directeur de campagne d’Howard
Dean, Joe Trippi, appuyé par MoveOn, a mis progressivement
en place un véritable réseau de
militants actifs, appelés à relayer, financer
et structurer la campagne officielle.
Le bilan : plus de 900 communautés informelles de
soutien, la mobilisation de centaines de milliers de sympathisants,
25 millions de dollars récoltés et une image
d’homme politique moderne utilisant les technologies
de son temps…
Si cela s’est avéré insuffisant
pour propulser Dean à la tête du parti démocrate,
le potentiel et l’efficacité des approches e-politique
dans la campagne 2004 ne semblent plus à démontrer.
Internet est en effet un moyen simple et peu
coûteux de toucher instantanément
un électorat jeune et informé, pouvant
exercer un véritable rôle de
prescripteur auprès de leur entourage.
Media de l’interactivité par excellence, la
Toile permet de prendre le pouls de l’opinion publique
en temps réel, ce qui offre aux partis et hommes politiques
une chance unique de mieux cerner les préoccupations de
leurs administrés et d’affiner leur
message en conséquence.
Le développement de l’e-administration (téléprocédures…),
l’augmentation des accès publics à Internet
(écoles, universités…) ainsi que la baisse
du coût des équipements informatiques nécessaires
devraient démocratiser l’usage du
Réseau au plus grand nombre.
Force est de rappeler toutefois que les
internautes ne forment encore qu’une frange privilégiée
des électeurs (environ 68 millions d'Américains
disposent d’un accès Internet haut débit
au travail ou à domicile), ce qui entraîne un problème
de fiabilité des observations recueillies
par manque de représentativité, particulièrement
des couches moins aisées de la population.
En outre, le succès prévisible
des techniques e-politique ne doit pas faire oublier que
le Web reste un outil décentralisé qui échappe
aux méthodes traditionnelles de contrôle/ canalisation
des idées.
L'échec d’Howard Dean doit donc servir d’exemple
: la plus intelligente des e-campagnes ne remplacera jamais
un programme fort, crédible, et proche des attentes
de la population…
Sources : Politique.com.
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