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INTERIM ET ELECTION DU NOUVEAU PAPE (BENOIT XVI)

Qui après Jean-Paul II ?
La succession est ouverte : en coulisses, papabili et cardinaux plus modestes s'activent et mobilisent leurs réseaux afin de profiter de l'inévitable jeu de chaises musicales que provoquerait la mort du Pape.

L'état de santé du souverain pontife ne laisse en effet guère de place au doute : son âge (84 ans), la maladie de Parkinson ainsi que des problèmes respiratoires récurrents font de l'ancien "athlète de Dieu" un homme très affaibli dont les jours sont comptés.

Durant sa récente hospitalisation à la polyclinique Gemelli, deux prélats, le cardinal Angelo Sodano (77 ans, "n°2" de l'Eglise catholique) et l'archevêque Stanislaw Dziwisz (65 ans, secrétaire personnel de Jean-Paul II) ont expédié les affaires courantes.

Un décès entraînerait une vacance à la tête du Saint-Siège de quelques semaines, l'intérim étant alors assuré par le cardinal "camerlingue" espagnol Eduardo Martinez Somalo et accompagné du cardinal allemand Joseph Ratzinger, doyen du Sacré Collège et président de la Congrégation pour la doctrine de la foi, les deux hommes étant âgés de 77 ans.

Mode d'élection du nouveau Pape.
La constitution apostolique de 1996 définit les moindres détails de la succession du Pontifex Maximus.
Celui-ci est porté à la charge suprême par un conclave, assemblée composée de 120 cardinaux électeurs âgés de moins de 80 ans (plafond maximal fixé par Paul VI en 1975) et tenus au secret dans la Chapelle Sixtine pour les délibérations et votes. Même leur lieu de résidence, la maison Sainte-Marthe, est étroitement surveillée et les rapports avec l'extérieur sont limités au strict minimum (personnel d'intendance).

Ces cardinaux électeurs proviennent des quatre coins du monde, 59 sont européens, 22 latino-américains, 14 nord-américains, 12 africains, 11 asiatiques et 2 océaniens.

Le vote en lui-même se fait à bulletin secret et sur le principe de la majorité qualifiée, soit 2 tiers des voix. Si les 34 tours de scrutin (!) autorisés n'ont pas permis de dégager un candidat satisfaisant à cette règle des 2 tiers, le conclave a la possibilité de choisir parmi les 2 candidats ayant recueilli le plus de voix au dernier tour de scrutin à majorité qualifiée au cours d'un ultime tour de vote à majorité absolue.

La tradition canonique est d'alterner un pontificat de courte durée après un long "règne", ce qui plaide en faveur de l'élection d'un pape d'un âge plutôt avancé.

De plus, plusieurs écoles s'affrontent : le clivage traditionnel "conservateurs/ libéraux" (notion certes relative dans l'Eglise romaine, mais comprenant les réformateurs du Dogme sur les questions de contraception, célibat des prêtres, diaconat des femmes...), mais aussi les partisans d'un futur pape italien face à ceux favorables à l'avènement d'un latino-américain (dont le continent renferme la majorité des catholiques dans le monde, soit près de 44 %).

Parmi les papabili italiens, on distingue quelques personnalités :
Le secrétaire d'Etat du Vatican Angelo Sodano, 77 ans, le préfet de la Congrégation pour les évêques Giovanni Battista Re, 71 ans, ainsi que les cardinaux archevêques Angelo Scola (Venise, 63 ans), Dionigi Tettamanzi (Milan, 70 ans) et Tarcisio Bertone (Gênes, 70 ans).

Hors péninsule, les "favoris" sont le préfet de la Congrégation pour le Clergé et cardinal colombien Dario Castrillon Hoyos (75 ans), les archevêques Oscar Maradiaga (Tegucigalpa, 62 ans), Claudio Hummes (Sao Paulo, 70 ans) et Jorge Mario Bergoglio (Buenos Aires, 67 ans).

Le préfet de la Congrégation pour le culte divin, le Nigérian Francis Arinze (72 ans) ainsi que les "jeunes" cardinaux archevêques Christoph Schönborn (Vienne, 60 ans) et l'Indien Telesphore Toppo (Ranchi, 65 ans) se placent en outsiders.

Quoiqu'il en soit, le scrutin précédent rappelle qu'une surprise est toujours possible, puisque Karol Wojtyla, cardinal archevêque de Cracovie (Pologne), âgé alors de 58 ans fut élu en 1975 au troisième tour de scrutin, ce qui fit du futur Jean-Paul II le premier pape non-italien depuis 455 ans...

Mise à jour :
Jean-Paul II s’est donc éteint le 2 avril 2005, à 21h37 (heure de Rome) selon le communiqué du Saint-Siège.
Nous vous proposons quelques liens afin de parfaire votre information…
- Gouvernement de l’Eglise romaine
- L’Etat du Vatican
- Le cardinalat

Le cardinal allemand Joseph Ratzinger, désormais âgé de 78 ans, succède à Jean-Paul II sous le nom de Benoît XVI.
Fils d'un commissaire de gendarmerie, membre des HitlerJugend (Jeunesses Hitlériennes) à 12 ans, prêtre en 1951, archevêque de Munich puis cardinal nommé par Paul VI en 1977, Jean-Paul II le choisit comme préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi en 1981.

Orthodoxe, intransigeant face aux questions progressistes (mariage des prêtres, ordination des femmes, homosexualité…), Joseph Ratzinger incarne le dogme de l'Eglise, surnommé le "cardinal non" au Vatican.
Théologien hors pair, très actif au concile Vatican II, il prête néanmoins le flanc à de nombreuses critiques, notamment celle du théologien progressiste Hans Küng qui voit en lui le gardien d'un "système autocrate et médiéval".

Sources : Politique.com.

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