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IRAN : LES ELECTIONS PRESIDENTIELLES (juin 2005)

  • Notions utiles :

Mahmoud Ahmadinejad est donc le nouveau président de la République islamique d’Iran. Considéré par beaucoup comme un populiste "ultra-conservateur", il est attaché aux valeurs véhiculées par la Révolution de 1979, à savoir une grande méfiance vis-à-vis de l’Occident et l’application rigoureuse des principes islamiques.

Fils de forgeron au train de vie modeste, ingénieur en génie civil devenu maire de Téhéran il y a deux ans, M. Ahmadinejad a largement devancé avec 62% des suffrages l’ancien président Rafsandjani, à l’image entachée par des soupçons de corruption et un patrimoine (trop ?) imposant. Reste que l’élection elle-même a suscité de multiples interrogations des observateurs, lesquels estiment que des fraudes et pressions diverses ont pesé sur le scrutin.

Mahmoud Ahmadinejad fut autrefois membre actif des groupes estudiantins qui prirent en otages des membres de l’ambassade américaine (1979), officier dans les "Pasdaran", unité spéciale des Gardiens de la Révolution, instructeur dans la milice religieuse "les Basiji", fonctionnaire d’Etat, puis gouverneur de la province de Maku puis de celle d’Ardebil avant d’être élu maire de Téhéran en 2003. Son bilan à la mairie de la capitale iranienne est nuancé : de larges dépenses pour la promotion des idéaux islamiques, l’emploi des jeunes actifs, aides au logement et au mariage mais aussi des coupes sombres dans les budgets de l’éducation, la culture et des loisirs.

Rappelons que l’Iran est une terre de contrastes où la répartition des richesses est très inégale : engrangeant d’importantes rentrées financières provenant de la manne pétrolière (2ème producteur de l’OPEP en pétrole brut derrière l’Arabie Saoudite, 2ème réserve mondiale de gaz naturel derrière la Russie), le pays connaît une crise sociale certaine (près de 11 millions d’Iraniens vivent sous le seuil de pauvreté et environ 10% de la population ne dispose pas des rations caloriques alimentaires suffisantes).
Tout le défi pour le nouveau président iranien sera d’assurer une meilleure redistribution des richesses et de convaincre la communauté internationale que son pays ne souhaite pas se fermer aux investissements étrangers. Vaste programme…

  • Système politique iranien :

Elu pour quatre ans et au suffrage universel, le président de la République peut se présenter deux fois au maximum. L'âge minimum pour voter est fixé à 15 ans révolus tandis que pour l'emporter dès le premier tour, le candidat doit rassembler plus de 50 % des voix.
Si le "Guide Suprême" (actuellement l'ayatollah Khaménéï) est placé au sommet des institutions par la Constitution iranienne, l'exercice du pouvoir est partagé entre :
- le Président de la République,
- le Guide Suprême, élu par l'Assemblée des experts (86 religieux), elle-même élue au suffrage universel,
- le président du Conseil de discernement (34 membres) nommé par le Guide,
- le président du Parlement élu au suffrage universel.

Le rôle du Président de la République s'inscrit donc dans un cadre subtil de pouvoirs et de contre-pouvoirs, les décisions importantes se prenant collectivement, par consensus. Le fonctionnement du régime iranien est critiquable, en ce sens qu'il n'est pas véritablement "démocratique", du moins au regard des critères occidentaux. Mais ce système politique s'avère légitime (appuyé sur le suffrage universel et préceptes de l'Islam) et s'inscrit dans la durée depuis plus de 26 ans.

Sources : Politique.com, AFP.

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