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L'EMPECHEMENT DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE

La récente hospitalisation de Jacques Chirac au Val-de-Grâce pour des problèmes cardio-vasculaires a soulevé des interrogations (outre celles d’une guerre de succession ;-) sur la notion d’ "empêchement du chef de l’Etat" telle qu’elle est mentionnée par l’article 7-4 de la Constitution.

Cette notion n’a pas de définition juridique précise : dans l’hypothèse d’un pouvoir vacant avec un président de la République n’ayant pas ou plus les capacités physiques et/ ou mentales d’assurer la continuité de l’Etat français, celle-ci doit être préservée par le gouvernement (qui saisit alors le Conseil constitutionnel), le Conseil constitutionnel (qui constate l’empêchement) et enfin le président du Sénat, chargé par intérim des responsabilités présidentielles.

Reste à évaluer l’état de santé du chef de l’Etat, avec les problèmes d’appréciation que cela suppose, et d’éviter à tout prix le déclenchement d’une crise politique profonde, susceptible de déstabiliser le pays en son entier.

Ce souci d’extrême prudence explique que l’empêchement n’ait été constaté que deux fois au cours de la Vème République : suite à la démission du Général de Gaulle après le référendum perdu de 1969 puis après le décès du Président Georges Pompidou en 1974, intérims assurés par le Président du Sénat de l’époque, Alain Poher.

La procédure aurait pourtant pu se justifier dans les dernières années du septennat de François Mitterrand, touché par un grave cancer de la prostate en pleine période de cohabitation.
Celui-ci s’était fait néanmoins représenter à deux reprises, par Pierre Bérégovoy en septembre 1992 et par Edouard Balladur en juillet 1994.

Constitutionnellement parlant, l’hospitalisation de Jacques Chirac a ouvert une période transitoire : si la maladie empêche le chef de l’Etat de remplir l’intégralité de ses fonctions, l’article 21 de la Constitution délègue au Premier ministre le fonctionnement des affaires courantes.
Outre ses fonctions de Premier ministre, Dominique de Villepin a donc exercé quelques jours la présidence du Conseil des ministres selon un ordre du jour prédéterminé.

Aujourd’hui tout est rentré dans l’ordre mais il n’en reste pas moins que la santé du chef de l’Etat devrait selon beaucoup de citoyens faire l’objet d’une communication plus transparente comme annoncée par beaucoup de présidentiables (F. Mitterrand, J. Chirac…) avant l’élection suprême…
Il est vrai que les promesses n’engagent que ceux qui veulent bien les croire.

Sources : Politique.com.

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