|
ELECTIONS PRESIDENTIELLES DEPUIS
1958, SYNTHESE ANALYTIQUE - Partie III -
L'élection présidentielle
du 21 décembre 1958 est la seule qui ne se soit pas
déroulée au suffrage universel direct. Elle
a été organisée conformément à la
Constitution du 4 octobre 1958, dans sa version antérieure à la
révision constitutionnelle de 1962.
Le collège électoral était constitué par
les parlementaires, les conseillers généraux,
les membres des assemblées des territoires d'outre-mer
et par des représentants élus des conseils
municipaux. Il s'agissait donc d'un groupe d'un peu plus
de 80 000 personnes, des notables pour l'essentiel.
Trois candidats se présentaient : le général
de Gaulle, Georges Marrane pour le Parti communiste français,
Albert Châtelet (indépendant). Le général
de Gaulle a été aisément élu
avec 78,5 % des suffrages exprimés, loin devant ses
concurrents.
Le scrutin des 5
et 19 décembre 1965 est le premier
organisé au suffrage universel direct. La télévision
fait son apparition dans la campagne électorale. Au
premier tour, six candidats se présentent : le général
de Gaulle, François Mitterrand (candidat unique de
la gauche), Jean Lecanuet (représentant le mouvement
centriste) sont les trois candidats ayant le soutien le plus
important dans l'opinion ; se présentent également
Jean-Louis Tixier-Vignancour (extrême-droite), Pierre
Marcilhacy (centre-droit) et Marcel Barbu (sans étiquette).
Si Jean Lecanuet obtient un peu plus de 15 % des suffrages
exprimés, ce sont le général de
Gaulle (43,71 % des suffrages exprimés)
et François
Mitterrand (32,23
% des voix) qui demeurent présents
au second tour. La mise en ballottage du général
est une surprise, la plupart des observateurs s'attendant à sa
victoire au premier tour. Mais c'est finalement lui qui l'emporte
au second tour, avec 54,50 % des suffrages exprimés.
L'élection des 1er
et 15 juin 1969, organisée
en raison de la démission du général
de Gaulle -provoquée
par l'échec du référendum
sur la régionalisation et la réforme du Sénat
- met en présence sept candidats au premier tour :
Georges
Pompidou, qui a été le Premier ministre
du vieux général, Alain
Poher, président
du Sénat, Jacques Duclos pour le Parti communiste,
Gaston Defferre pour la SFIO, Michel Rocard pour le PSU ;
se présentent également Louis Ducatel et Alain
Krivine.
Georges
Pompidou arrive largement en tête avec 43,96
%des voix, devant Alain
Poher (23,42 % des suffrages exprimés)
et Jacques Duclos (21,52 %). Le candidat de la SFIO est éliminé.
Au second tour, Georges
Pompidou l'emporte avec 57,59 % des
voix.
Le scrutin des 5
et 19 mai 1974 résulte du décès,
en cours de mandat, du président Pompidou. Le premier
tour est marqué par un nombre record de douze candidats
(ce qui a justifié par la suite une modification des
règles de présentation : on passe en 1976 de
100 à 500 parrainages).
A l'issue de ce premier tour,
c'est pour la première fois un candidat non gaulliste
qui arrive au premier rang des candidats de la droite (M.
Giscard
d'Estaing arrive devant Jacques Chaban-Delmas).
A gauche, François Mitterrand est le candidat unique
présenté par le PS, le PC et le MRG, et réalise
un bon score (43,35 % des suffrages exprimés). Une
femme se présente pour la première fois (Arlette
Laguiller). Le second tour est très serré,
puisqu'en définitive Valéry Giscard d'Estaing ne l'emporte qu'avec 50,66 % des suffrages exprimés.
L'élection présidentielle
des 26
avril et 10 mai 1981 se déroule au terme du mandat présidentiel
précédent. Dans un contexte de désunion
de la majorité sortante (manifestée la candidature
de quatre candidats de droite, dont trois issus du RPR),
le Président Giscard
d'Estaing se représente.
Face à lui, François Mitterrand, Georges Marchais
pour le Parti communiste et Michel Crépeau pour le
MRG.
Le second tour met face à face
les deux candidats qui s'étaient déjà affrontés
en 1974. Dans un climat de passion, la campagne oppose deux
projets bien différents (libéralisme tempéré à droite,
intervention massive de l'Etat à gauche). Finalement,
Le candidat du PS l'emporte avec 51,75 % des voix.
Le scrutin des 24
avril et du 8 mai 1988 voit le président
sortant se représenter, et le nombre de candidats
diminuer à nouveau (neuf en tout au premier tour).
Cette élection présente en outre la particularité d'opposer
un président sortant et un Premier ministre d'un camp
opposé, à l'issue de la première expérience
de cohabitation en France.
Après un bon score au premier tour (34,09 % des suffrages
exprimés), François Mitterrand s'impose au
second tour (54,02 % des voix).
L'élection qui a lieu
les 23
avril et 7 mai 1995,
et qui clôt à nouveau une période de
cohabitation, présente la particularité d'opposer,
au premier tour, deux personnalités du RPR, Jacques
Chirac et Edouard Balladur. Huit candidats se présentent
au total dont, pour le Parti socialiste et après le
renoncement de Jacques Delors, Lionel Jospin. Au premier
tour, Jacques
Chirac arrive devant son concurrent direct
du RPR, et Lionel Jospin, de manière inattendue, arrive
en tête des candidats.
Au second tour, Jacques
Chirac devient Président de
la République (52,64 % des suffrages exprimés).
L'élection présidentielle
des 21
avril et 5 mai 2002 a présenté différentes particularités.
Première élection pour un mandat présidentiel
de cinq ans et non de sept, elle fait suite à une
cohabitation de cinq ans entre le Président de la
République Jacques
Chirac (RPR) et le Premier ministre
Lionel Jospin (PS).
Tous deux sont considérés comme les principaux
candidats à cette élection et leur duel au
second tour ne semble pas faire de doute. Cette élection
est aussi caractérisée par un nombre important
(16) de candidats au premier tour.
Mais ce sont les résultats du premier tour du scrutin
qui constituent l'événement le plus marquant
pour la démocratie française. En effet, pour
la première fois un candidat d'extrême-droite,
Jean-Marie Le Pen, se qualifie pour le second tour de l'élection
avec 16,85 % des suffrages exprimés face à Jacques
Chirac (19,88 % des voix).
Lionel Jospin, battu au premier tour, annonce dès
le 21 avril au soir son retrait de la vie politique.
La présence du Front national au second tour suscite
une mobilisation républicaine. Elle se traduit par
de nombreuses manifestations dans les grandes villes françaises
et culmine lors du 1er mai où près d'un million
et demi de personnes défilent dans les rues.
Au second tour, le Président sortant Jacques
Chirac est réélu avec 82,21 % des suffrages exprimés
contre 17,79 % pour Jean-Marie Le Pen. Ce score, jamais atteint
lors d'une élection, s'explique par le report du vote
des électeurs de gauche sur le candidat républicain.
Alors que sous les Républiques précédentes,
l’institution du Président de la République était
tant décriée bien que pourtant fort enviée,
la Vème République consacre pleinement ce rôle
en France. Fini le temps où l’on comparait le Président à une
inutile "prostate" selon le mot de Clemenceau.
Désormais la politique française s’axe
autour des présidentielles et l’enjeu des partis
n’est plus seulement de remporter les élections
législatives, mais de pouvoir constituer un programme
et un mouvement porteur conséquent à l’arrivée
des échéances élyséennes.
Auteur : M. Creux pour Politique.com.
Page
précédente.../ Haut de
page...
|