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ELECTIONS PRESIDENTIELLES DEPUIS 1958 - Partie I -

  • Généralités

Les élections du président de la République en France depuis 1958 : procédures, dates, enjeux et résultats.

L’histoire de la fonction présidentielle depuis 1958 est bien différente de celle qui la précède. La Constitution de la Vème République, massivement approuvée par référendum et promulguée le 4 octobre 1958, confie d’importantes prérogatives au chef de l’Etat dans le cadre non contesté d’un régime parlementaire.

Au lendemain de son élection, le 28 décembre, le général de Gaulle déclare : "Guide de la France et chef de l’Etat républicain, j’exercerai le pouvoir suprême dans toute l’étendue qu’il comporte désormais et suivant l’esprit nouveau qui me l’a fait attribuer".

Le rôle nouveau assuré par le chef de l’Etat depuis 1958 a modifié en profondeur la vie politique : l’élection présidentielle mobilise un grand nombre d’électeurs, les autres élections se sont ordonnées autour d’elle, l’action des partis s’est calquée sur les exigences de la bataille présidentielle. Pour faire court : tout est rythmé par l'échéance.

  • Le mode d’élection du Président de la République

Le système de 1958
Reprenant l’idée exprimée par le général de Gaulle dans son discours à Bayeux en 1946 ("Un chef d’Etat, placé au dessus des partis, élu par un collège qui englobe le Parlement, mais beaucoup plus large"), les constituants de 1958 confient l’élection du Président de la République à un collège élargi, composé d’environ 75 000 citoyens détenteurs d’un mandat électif, au suffrage universel indirect à deux ou trois degrés.

L’article 6 de la Constitution dispose en effet : "le Président de la République est élu pour sept ans par un collège électoral comprenant les membres du Parlement, des conseils généraux et des assemblées des territoires d’outre-mer, ainsi que les représentants élus des conseils municipaux.(…)".

C’est selon ce système qu’est élu le général de Gaulle le 21 décembre 1958.

La révision constitutionnelle de 1962
Dès 1961, le principe de l’élection du Président de la République au suffrage universel est évoqué par le chef de l’Etat dans une conférence de presse (le 11 avril).

L’année suivante, il annonce dans une allocution radiotélévisée sa volonté réviser des articles 6 et 7 de la Constitution relatifs à l’élection du Président de la République. Il choisit pour cela de procéder directement par la voie référendaire prévue à l’article 11 et non par la procédure fixée à l’article 89.

Le président du Sénat, Gaston Monnerville, y voit là une "violation délibérée de la Constitution française" et saisit le Conseil constitutionnel. De même, le 4 octobre, l’Assemblée nationale, "considérant qu’en écartant le vote par les deux chambres le Président de la République viole la Constitution…", censure le Gouvernement par 280 voix (241 requises, art 49 al 2).

Les évènements s'enchaînent :

- le 5 octobre, conformément à l’article 50, G. Pompidou présente la démission de son Gouvernement, qui ne sera acceptée que le 28 novembre. Le 9 octobre, l’Assemblée nationale est dissoute,

- le 28 octobre, soumis au référendum, le projet de loi relatif à l’élection du Président de la République au suffrage universel direct est approuvé par plus de 62% des suffrages exprimés,

- le Conseil constitutionnel, dans sa décision du 6 novembre 1962, se dit non compétent pour se prononcer sur la demande susvisée du président du Sénat,

- la loi référendaire n°62-1292 du 6 novembre modifie les articles 6 et 7 de la Constitution et organise l’élection du Président de la République au suffrage universel.

Du septennat au quinquennat
La question de la durée du mandat est récurrente sous la Vème République. En 1973 déjà, le Président Pompidou avait fait déposer un projet de loi constitutionnelle en vue d’établir le quinquennat. Les députés et sénateurs étaient très réticents, et le projet ne fut même pas soumis au Congrès. Par la suite les Présidents Giscard d’Estaing et Mitterrand se prononcèrent pour le quinquennat mais sans en vouloir pour eux-mêmes (leur volonté étant d’exercer leur mandat pour 14 ans).

En 2000, VGE revient sur la question. Pour sa part J. Chirac s’était montré l’année précédente hostile à une réduction de la durée du mandat. Une proposition de loi fut annoncée par le PS, mais la menace était faible. J. Chirac s’est finalement rallié à la condition d’un quinquennat "sec".

Le quinquennat est institué par la révision constitutionnelle du 2 octobre 2000 : le projet se borne à modifier l’article 6 de la condition pour fixer à 5 ans la durée du mandat présidentiel. Il est voté à une forte majorité par les assemblées.
Mais il fallait encore, comme en dispose l’article 89, obtenir un vote de confirmation du Congrès ou du peuple. Pour la première fois depuis 1958 le Président a décidé d’utiliser la procédure de la confirmation référendaire.

Les électeurs ont approuvé ce projet, devenu loi constitutionnelle du 2 octobre 2000, tout en désertant les urnes (69,8 % d’abstentions). Par rapport aux inscrits, les oui représentent 18,5 %, et les non 6,8 %. Le quinquennat fut donc adopté par le peuple, mais dans la plus grande indifférence.

Auteur : M. Creux pour Politique.com.

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