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LES JEUNES ET LA POLITIQUE SUITE
A LA CRISE DES BANLIEUES ET LA LUTTE DES JEUNES CONTRE
LE
CPE.
- LE BILAN DU PRINTEMPS 2006
Pendant de la passivité actuelle
des jeunes envers la chose publique, les poussées
fiévreuses enregistrées en novembre
2005 dans les banlieues associées au mouvement des
jeunes contre le C.P.E. (Contrat Première Embauche)
posent la question de l'efficacité de
la démocratie
participative telle qu'elle
existe en France.
Le Centre d'analyse
stratégique (ex-Commissariat
au plan), chargé de donner les orientations de l'action
publique, a consacré une étude à ce
sujet, "Faire
société en France et en
Europe au début du 21ème siècle".
Depuis le début des années
80 ont été concomitamment
observées l'augmentation d'actions politiques
protestataires et une baisse
de l'intérêt pour la politique (politisation/
militantisme "classique"),
traduisant l'existence d'un véritable
fossé empathique entre la
société et
les jeunes.
"Dialogue de sourds", "décalage générationnel",
telles sont les expressions utilisées par le rédacteur
de l'étude pour décrire le contraste
entre "des
idées généreuses et générales" et "des
préoccupations extrêmemement pratiques, concrètes
et localisées".
Evidemment, le manque de pédagogie
vis-à-vis
du CPE a renforcé la méfiance viscérale à l'égard
des élites dirigeantes.
Autre point d'importance :
la démobilisation électorale
des jeunes des cités serait due au "coût
indirect" de
l'inscription sur les listes ; s'il faut par
exemple prendre un moyen de transport pour aller exercer
son vote, l'abstention
augmente en fonction du temps/ distance nécessaires.
Le résultat : environ 30% de non-inscrits et 2 %
de mal-inscrits (adresse...) pour un total de 50%, véritable
catastrophe démocratique.
Le phénomène n'est pas isolé : au Maroc,
une récente enquête
auprès de jeunes de 16 à 29 ans a conclu
que pas moins de 95 % des sondés ne s'identifient à aucun
courant politique, 68 % n'ont pas confiance en la politique
et seuls 20 % ont voté lors des législatives
de 2002. Reste à voir si ces chiffres sont rassurants...
- Petit rappel des évènements autour du C.P.E.
- 16 janvier : le Premier ministre D.
de Villepin annonce la création du contrat première
embauche,
- 19 janvier : plusieurs organisations de jeunes et/ ou
syndicales exigent le retrait de la mesure,
- 7 février : de 218 000 personnes selon la police à 400
000 selon les organisateurs manifestent un peu partout en
France,
- 9 février : D. de Villepin recourt au 49.3 à l'Assemblée,
- 7 mars : manifestations réunissant entre 400 000
et 1 million de personnes selon les estimations,
- 9 mars : le Parlement adopte définitivement le
CPE,
- 12 mars : des propositions tardives sont faites par le
Premier ministre aux partenaires sociaux afin de compléter
le système de garanties du CPE,
- 18 mars : de 530 000 (ministère de l'Intérieur) à 1,5
million de manifestants (syndicats) défilent dans
les rues de France et de Navarre,
- 24 mars : la rencontre de dernière minute entre
les cinq centrales syndicales, trop heureuses de l'aubaine,
et D. de Villepin tourne au fiasco,
- 28 mars : manifestations regroupant cette fois de 1 à 3
millions de personnes selon les sources,
- 30 mars : validation du CPE par le Conseil constitutionnel,
- 31 mars : véritable aberration constitutionnelle,
Jacques Chirac promulgue la loi instaurant le CPE tout en
demandant sa non-application temporaire.
Sources : Politique.com, Centre
d'analyse stratégique, Les Echos.
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