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E-ADMINISTRATION
L'Etat français commence enfin à prendre
conscience de l'importance prise par les "nouvelles" technologies
dans la vie quotidienne de ses citoyens. A l'heure où les
administrations font l'objet d'une remise en cause tant de
leur mode de fonctionnement que du coût de leur entretien,
il convient de présenter la principale mesure correctrice
destinée à les moderniser : l'e-administration.
S'appuyant sur les chantiers mis en oeuvre
au Canada, un des pays les plus avancés en la matière, la
France a lancé le programme Adèle (coordonné par l'Adaé),
à savoir plus de 300 applications simplifiant
les formalités administratives, et donc de faire gagner temps et argent
au citoyen/ contribuable, aux entreprises, ainsi qu'aux
organismes publics et leurs agents.
L'objectif est d'obtenir à terme
jusqu'à 10-20% de gains de productivité sur les frais de
fonctionnement de l'Etat en dématérialisant les procédures
et redéployant les personnels concernés vers des affectations
où le manque d'effectifs s'avère criant. Les illustrations
possibles sont nombreuses : télédéclarations (impôts sur
le revenu, déclarations de TVA...), état-civil (extraits
d'actes de naissance, mariage...), guichet unique, appels
d'offres pour les marchés publics...
Le développement choisi est progressif :
- Création d'un portail unique concernant
citoyens et entreprises, découpé en thématiques
(impôts,
santé, justice, emploi, environnement...) et "morphotypes"
(senior, enfant, handicapé...). Le site Service-public.fr se
veut la première mouture (plutôt réussie)
de cette évolution.
- Favoriser l'interactivité entre l'usager
et l'administration en personnalisant au maximum l'échange
d'informations et rendant confidentielles les transactions
par le biais de procédures sécurisées.
- Consultation en ligne des citoyens sur des
projets de lois et règlementations, redonnant tout son
sens à la notion de démocratie : par et pour le peuple.
Mais le chemin à parcourir reste
encore long : un sondage
Forum EAE-BVA sur l'attente des citoyens en matière
de services en ligne révèle leur manque
de connaissance des outils d'e-administration à leur disposition (17%
en ont entendu
parler) et leur
difficulté
à se les "approprier" (recherche d'information principalement).
Leurs futurs besoins ? Déclaration/ suivi des remboursements
de la Sécurité sociale, renouvellement des pièces d'identité,
inscription pour les services municipaux, suivi des dossiers
médicaux et vote électronique.
Enfin, si l'intérêt
des services d'administration électronique n'est plus à démontrer,
il n'en reste pas moins que ce bouleversement technologique
devra s'accompagner de dispositifs destinés à combler
la désormais fameuse "fracture numérique",
tels que le versement d'aides à l'équipement
informatique des ménages les plus
défavorisés...
Mise à jour (07/04/05) :
Malgré des délais d’attente disproportionnés
dus à un afflux de demandes, le nombre de télédéclarations
de revenus 2004 a très largement dépassé les
prévisions les plus optimistes : l’objectif
d’1,5 million sera vraisemblablement dépassé et
devrait frôler les 2 millions.
Le ministère de la Fonction publique a dressé un
bilan, appuyé par un baromètre BVA, dont voici
les principaux enseignements :
- Près d’un tiers des Français se sert
d’Internet pour ses démarches administratives,
- 70% le font pour "rechercher une information",
43% pour "demander un formulaire", 33%
pour les "démarches simples",
et, de manière
plus générale, pour "gagner du
temps",
- Le portail "Service-public.fr" enregistre
plus de 2 millions de visites par mois,
- Le Web reste cependant le quatrième mode prioritaire
de contact avec l’administration (9%), derrière
le téléphone (38%), le guichet (27%) et le
courrier postal (24%).
A noter un excellent dossier du Journal
du Net sur l'Internet
public, lequel analyse soigneusement
les défis de l'e-administration et sa mise en oeuvre
progressive par l'Etat...
Pour en savoir plus : notre
dossier "Internet
& vos démarches administratives"
Sources : Politique.com, BVA.
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