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REFERENDUM SUR LE TRAITE CONSTITUTIONNEL EUROPEEN DU 29 MAI 2005

  • Contexte électoral :

Les derniers sondages publiés, notamment par l’institut Ipsos, donnent le "non" en tête des intentions de vote, oscillant entre 52 et 58%. Une majorité des personnes interrogées estiment que la victoire du "non" ne porterait pas "un coup d’arrêt grave à la Constitution européenne" tandis que 45% considèrent qu’elle n’affaiblirait pas "de façon majeure" la position de la France en Europe.

Il apparaît que les sondés associent étroitement les questions de construction européenne et celles de conjoncture socio-économique française : la peur du "non" fait vivement réagir les gouvernants confrontés aux angoisses des votants (directive Bolkestein, rémunération des fonctionnaires…), renforçant ainsi l’intérêt du "non" protestataire.
Rappelons aussi que le référendum est souvent assimilé à tort comme un plébiscite sur l’entrée ou non de la Turquie dans l’Union européenne.
En effet, l’article 2 du projet de révision constitutionnelle stipule que toute nouvelle adhésion devra être soumise à référendum (hors Bulgarie, Croatie et Roumanie).

  • Quels changements ?

Bien que l'essentiel du texte reprenne le contenu des traités actuels (union monétaire, concurrence…), il comprend quelques nouveautés et aménagements des règles en vigueur :

- Le Parlement voit ses pouvoirs élargis (article I-20)
Il élit le président de la Commission sur proposition du Conseil et adopte avec celui-ci les textes européens proposés par la Commission à de très rares exceptions.

- Le Conseil européen se dote d'un nouveau président (article I-21)
Rappelons la mission du Conseil : il oriente la politique de la Commission et arbitre entre les décisions prises par le Conseil des 25 ministres de l'Union. Le Conseil européen comprend les chefs d'Etat ou de gouvernement des 25, le président de la Commission et le ministre européen des Affaires étrangères. Si le Conseil "ancienne formule" voyait sa présidence tourner tous les 6 mois entre les Etats membres de l'U.E., le Conseil "nouvelle version" élit son président (lequel ne pourra exercer de fonctions nationales en même temps) à la majorité qualifiée pour un mandat de 2 années et demi (renouvelable une fois).

- Le passage de la règle d'unanimité à la notion de majorité qualifiée (article I-25)
Le principe actuel d'unanimité pour la majeure partie des décisions du Conseil est réformé : en 2009, la plupart des décisions (hors questions fiscales, assurance maladie, accords internationaux signés par l'Union…) seront prises à la majorité qualifiée, soit 55% des Etats représentant a minima 65% de la population de l'U.E. Enfin, toute décision sera bloquée si quatre Etats membres au moins s'y opposent.

- La réduction du nombre de commissaires (article I-26)
La mission de la Commission est de soumettre au Conseil et au Parlement des textes législatifs. Actuellement de 25 commissaires, elle n'en comportera plus que 18 en 2014.

- Le droit d'initiative populaire (article I-47)
Un million de citoyens européens issus d'un nombre "significatif" d'Etats membres pourront demander à la Commission de légiférer afin d'amender la Constitution.

- Le renforcement du rôle des parlements nationaux
Si un tiers des parlements nationaux estiment qu'un projet de loi empiète sur leurs prérogatives, ils pourront exiger sa révision.

- La charte européenne des droits fondamentaux
Son intégration dans la Constitution permet aux personnes physiques et morales de demander son application devant les juridictions compétentes.

  • Les précédentes consultations référendaires "similaires"

- 23 avril 1972 : référendum sur l’élargissement de la Communauté économique européenne (CEE) à la Grande-Bretagne, l’Irlande, la Norvège et le Danemark.
Le "oui" l’emporte à 67,70%, avec une participation de 60,05%,
- 20 septembre 1992 : référendum sur le Traité de Maastricht (création monnaie unique…).
Faible victoire du "oui" à 51,05% (participation de 71,1%).

  • Autres révisions constitutionnelles liées à la construction européenne

- 23 juin 1992 : aménagements destinés à permettre la ratification du Traité de Maastricht, signé le 7 février 1992,
- 19 novembre 1993 : réforme des conditions du droit d’asile telles que prévues par le Traité de Schengen, relatif à la politique de coopération européenne,
- 18 janvier 1999 : modifications préalables à la ratification du Traité d’Amsterdam,
- 17 mars 2003 : création du mandat d’arrêt européen, étape vers l’édification d’un véritable espace judiciaire commun aux pays de l’U.E.
L’objectif étant de permettre aux pays européens de disposer d’outils efficaces face à la délinquance organisée et le terrorisme.

Nous recommandons à nos visiteurs de consulter le texte dans son intégralité accompagné de fiches thématiques sur les modifications apportées par la Constitution sur le portail de l’Union européenne, Europa.
Sites institutionnels sur la Constitution :
- Europa
- La Constitution vue par la Fondation R.Schuman.
- La Constitution vue par le Centre d'information sur l'Europe

Sources : Politique.com, Ipsos.

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