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1ER TOUR DE L'ELECTION PRESIDENTIELLE - 22 AVRIL 2007

Si Nicolas Sarkozy arrive très nettement en tête, à 31,18% des suffrages exprimés, tandis que Ségolène Royal fait oublier le cataclysme "Jospin" de 2002 en obtenant 25,87%, la véritable inconnue se dégageant à l’aube du 2ème tour concerne le report des voix des électeurs de François Bayrou (18,57%).

Dernier enseignement de ce 1er tour, la très forte participation au scrutin, près de 83,8% des inscrits, qui semble démontrer aux Cassandre que le désintérêt supposé des Français pour la vie publique n’est pas une fatalité.

Selon les résultats quasi-définitifs du ministère de l'Intérieur, les candidats UMP (Nicolas Sarkozy) et PS (Ségolène Royal) se retrouveront bien au 2ème tour pour un duel, qui s’il était annoncé, ne se s’en révèle pas moins palpitant. C’est un véritable vote de raison qui a eu lieu ce dimanche 22 avril, faisant oublier l’impression d’escamotage ressentie en 2002 et confirmant également les oracles des instituts de sondage à propos qui prévoyaient une (ré)émergence d’un électorat centriste.

Le leader de l’UDF devrait tenter d’exploiter cette dynamique en annonçant dans la perspective des législatives de juin 2007 la création (rénovation ?) d’un "grand parti du centre", qui serait "large, fort et indépendant" dixit F. Bayrou.

A contrario, le candidat du Front national (FN), Jean-Marie Le Pen fait plutôt grise mine, puisqu’il n’obtient que 10,44% des suffrages, chiffre s’expliquant d’une part par la perte d’un million d’électeurs par rapport au premier tour de la présidentielle de 2002 et d’autre part par la forte participation, mobilisation traditionnellement défavorable au vote frontiste.

Les "petits" candidats réalisent quant à eux des scores très faibles, illustrés par un pourcentage de voix cumulées inférieur à 14% (13,95%). Le vote "utile" a laminé les espoirs à gauche/ extrême gauche - Olivier Besancenot (LCR), 4,08% ; Marie-George Buffet (PCF), 1,93% ; Dominique Voynet (Verts), 1,57% ; Arlette Laguiller (LO), 1,33% ; José Bové (Uni-e-s), 1,32% et Gérard Schivardi (PT), 0,34% - comme à droite – Philippe de Villiers (MPF), 2,23% et Frédéric Nihous (CPNT), 1,15%.

  • Mise à jour, résultats officiels
1er tour. 22/04/2007
Suffrages
% des inscrits
% des exprimés
Inscrits
44 472 834
100,0
-
Votants
37 254 242
83,77
-
Suffrages exprimés
36 719 396
82,57
100,0
N. Sarkozy
11 448 663
25,74
31,18
S. Royal
9 500 112
21,36
25,87
F. Bayrou
6 820 119
15,34
18,57
J.-M. Le Pen
3 834 530
8,62
10,44
O. Besancenot
1 498 581
3,37
4,08
P. de Villiers
818 407
1,84
2,23
M.-G. Buffet
707 268
1,59
1,93
D. Voynet
576 666
1,30
1,57
A. Laguiller
487 857
1,10
1,33
J. Bové
483 008
1,09
1,32
F. Nihous
420 645
0,95
1,15
G. Schivardi
123 540
0,28
0,34

L’entre-deux tours s’annonce épidermique, les appels du pied (notamment ses propos sur le caractère génétique de la pédophilie et du suicide) lancés par Nicolas Sarkozy aux électeurs du FN ayant renforcé le sentiment de rejet d’une frange de l’électorat qui entend faire du second tour un véritable "tout sauf Sarko" plutôt qu’un à priori plus logique "tous avec Ségo".

Le candidat de l’UMP est donc intervenu sitôt les résultats connus (contrairement à son homologue socialiste qui n’avait semble-t-il pas anticipé son discours au vu du retard de son intervention) en appelant à la "dignité" des débats et en assurant Ségolène Royal de son "respect".

Barre au centre toute également avec cette accroche de Nicolas Sarkozy insistant sur la nécessité de "rassembler le peuple français autour d'un nouveau rêve, celui d'une République rassemblée" . Ségolène Royal n’a pas été en reste pour commencer son travail de séduction des électeurs de François Bayrou en emboîtant ses pas dans ceux du candidat UDF puisque elle se réclame "otage d'aucun clan, d'aucun groupe de pression, d'aucune puissance financière" et "garante d’un État impartial".

Le suspense devrait donc régner pendant 15 jours (jusqu'au dimanche 6 mai), au rythme des petites phrases/ soutiens des uns et d’autres, le débat opposant les deux finalistes le 2 mai sur TF1 pouvant faire définitivement basculer l’élection en faveur du plus brillant des candidats.

En renonçant à son penchant habituel pour l’abstention et le vote contestataire, le peuple français a ainsi exprimé une plus grande maturité doublée du fol espoir d’une politique de proximité (illustrée par la presque totale absence des thèmes de politique étrangère dans la campagne) enfin axée sur leurs attentes et sans (trop de) fausses promesses.

A nos deux candidats de se mettre au niveau…

  • Parmi les principales réactions

- Au FN, celles de Jean-Marie Le Pen "j’ai fait une erreur d’appréciation dans le désir de changement des Français qui ont réélu les partis responsables de la situation de la France" et de sa fille Marine "les électeurs de J-M. Le Pen ne se vendront à personne"…,

- Au MPF, celle de Philippe de Villiers "je vais maintenant enclencher la bataille législative"…,

- Au CPNT, celle de Frédéric Nihous qui se félicite de "l’entrée de la ruralité dans le débat politique"…,

- A l’UMP, celles de Jean-Louis Borloo "l’appel à travailler ensemble de François Bayrou ne peut être ignoré" ; de François Fillon "il faut remonter à Georges Pompidou pour retrouver un tel score au premier tour" et "que le second doit permettre de choisir entre deux projets de société, entre deux conceptions de l’identité nationale" ; de Dominique de Villepin qui "se réjouit de l’excellent score obtenu par le candidat de notre famille politique"…,

- A l’UDF, celles d’Hervé Morin "l’UDF n’a pas vocation à être le strapontin de l’un ou de l’autre" et de Jean-Marie Cavada "F. Bayrou écouterait attentivement comment les programmes s’infléchissent d’ici quinze jours"…,

- Chez les Verts, celle de Noël Mamère "le score de Dominique Voynet n’est pas à la hauteur de ce que nos idées représentant dans la société"…,

- Au PS, celles de François Hollande "Ségolène Royal a fait dans des conditions différentes 10 points de plus que Lionel Jospin en 2002 et mieux que F. Mitterrand en 1981", de Vincent Peillon "N. Sarkozy bénéficie d’un effet psychologique en sortant en tête mais que la gauche ne se laissera pas impressionner" et de Bernard Kouchner "François Bayrou sera le pivot du 2ème tour"…,

- Au PC, celles de Marie-George Buffet "la gauche réalise un de ses plus bas scores sous la Vème République" et de Robert Hue "la situation précarise le Parti communiste"…,

- A la LCR, celle d’Olivier Besancenot qui voit dans son score "un encouragement précieux pour les luttes de demain" et appelle "à voter contre Nicolas Sarkozy.

Sources : Politique.com.

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