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CONTEXTE DU 1ER TOUR DE L'ELECTION LEGISLATIVE - 10 JUIN 2007

Si les élections présidentielles furent un combat âpre et sans merci, s’est déroulé en coulisses une lutte tout aussi impitoyable dans la perspective des législatives du 10 juin 2007.

Souhait d’une meilleure parité homme-femme, d’une plus grande intégration des "minorités visibles", désir d’ascension vers les hautes sphères pour les néophytes ambitieux, volonté pour les heureux députés déjà en place de rester rivés à leur siège, ces paramètres conjugués ont fait de la course à l’investiture un sujet de tensions dans la quasi-totalité des forces en présence.

577 circonscriptions savamment découpées, près de 7 600 candidats, la conclusion est claire, il y aura beaucoup d’appelés et peu d’élus.

Forte de la victoire aux présidentielles de son ancien chef Nicolas Sarkozy, l'UMP se trouve dans une dynamique positive et devrait s’assurer une domination sans équivoque sur les bancs de l’Assemblée nationale tandis que le Parti socialiste s’attend à une déconvenue dans la lignée de la défaite de Ségolène Royal lors du scrutin de mai, faute d’unité apparente et d’une nécessaire remise en question sur la manière de répondre aux attentes des Français.

Contrairement à 2002, il n’y aura pas d’accord national entre un Ps affaibli et ses ex-alliés en perdition (Verts et Parti communiste), lesquels présenteront dimanche leurs candidats dans presque toutes les circonscriptions.
Pléthore d’aspirants à la députation à l'extrême gauche puisque 563 se présenteront sous l’étiquette Lutte ouvrière, 470 pour la LCR, entre 120 et 130 pour la "Gauche alternative 2007" proche de José Bové.

L‘extrême droite est tout aussi éclatée entre les candidats sous la bannière Front national, ceux du MNR et les "un peu moins extrêmes" du MPF de Philippe de Villiers.

Enfin, le(s) centre(s), puisqu’apparemment il y en a plusieurs désormais ne contribuera(ont) pas à la clarté de la vie publique puisque seront opposés les frères ennemis du MoDem’ de François Bayrou (535 candidats) et du "Nouveau Centre" (80 candidats) force supplétive de la majorité présidentielle sous la houlette d’Hervé Morin.

Multitude et diversité ne suffiront pas à écarter la sempiternelle bipolarisation UMP–PS en raison du mode de scrutin des législatives, lequel est destiné à ne faire que peu de place aux "petits" candidats et dégager une majorité claire.

Enfin de nouveaux visages ?

Le 10 juin 2007 verra s’affronter 41,3% de candidates (38,5% en 2002).
Si la loi du 6 juin 2000 "tendant" à favoriser l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives (on constate par ailleurs que le législateur est resté très prudent dans la formulation !) a certes renforcé le poids des femmes sur la scène politique, bien des efforts restent à accomplir : l’UMP présentera 30% de femmes (20% en 2002), le MoDem’ 40% et le PS aux alentours de 47% (36% en 2002).
Ajoutons que les femmes ne seront pas généralement placées dans les circonscriptions les plus faciles à remporter.

Le non-respect de l'égalité hommes-femmes entre les candidats est pourtant sanctionné financièrement.
A titre d’exemple, depuis 2002, le montant versé à l’UMP par l’État a été réduit de plus de 4 millions d’euros annuels, celui versé au PS de 1,6 million.

En termes de parité, la France figure avec ses 12% de femmes députées parmi les mauvais élèves de la classe européenne (23ème sur 27). L’hémicycle 2007 sera lui aussi très largement masculin ; pour les progrès il faudra attendre 2008 et la probable application d’une loi alourdissant les sanctions financières…

De même, les candidats issus de l'immigration (0% des députés, pour 0,6% de sénateurs - 8,7% des députés aux Pays-bas) ne sont pas présents dans les circonscriptions gagnables, fonctionnaires (en particulier issus de l’Education nationale), médecins et avocats sont invariablement au coeur du système.
A l'occasion de la dernière législature, fut dénombré qu'à peine 9% des députés étaient entrepreneurs, 4,8% employés et un seul ouvrier "non qualifié", ce qui confirme l'urgence de régler la question de la représentativité de nos assemblées.

En 2012 ?

En complément

Sources : Politique.com, Institut Montaigne, AFP, Les Echos.

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